Le gouvernement espagnol a officiellement conclu à l’inefficacité de l’homéopathie, à l’issue d’une vaste évaluation menée par l’Agence espagnole des médicaments et des produits de santé (AEMPS). Après avoir analysé 64 études scientifiques, l’organisme estime qu’aucune preuve solide ne permet de démontrer une efficacité thérapeutique de ces produits, quelle que soit la pathologie concernée.
À la suite de ce rapport, plus de 1 000 produits homéopathiques ont été retirés du marché en Espagne. Désormais, seules 976 préparations restent autorisées à la commercialisation, mais sans indication thérapeutique sur leurs emballages.
Dans son rapport, l’AEMPS explique que les différentes études disponibles, notamment sur les maladies rhumatismales, psychiatriques et dermatologiques, n’apportent pas de résultats suffisants pour recommander l’homéopathie comme traitement médical. L’agence souligne également de nombreuses limites méthodologiques dans les recherches analysées : faibles échantillons, durée de suivi réduite, mécanismes de randomisation peu fiables ou encore biais statistiques.
Les autorités sanitaires espagnoles estiment que les améliorations observées chez certains patients peuvent davantage s’expliquer par l’effet placebo ou par l’évolution naturelle de la maladie que par une réelle efficacité des produits homéopathiques. Le rapport évoque aussi l’« effet Hawthorne », un phénomène psychologique où les participants modifient inconsciemment leur comportement parce qu’ils savent qu’ils sont observés.
L’agence rappelle toutefois que certaines médecines complémentaires peuvent accompagner un traitement conventionnel, sans pour autant le remplacer. Les spécialistes insistent notamment sur le fait que l’homéopathie ne peut en aucun cas se substituer à des traitements validés scientifiquement, en particulier dans la prise en charge de maladies graves comme le cancer.
En Suisse, l’homéopathie continue néanmoins d’être remboursée par l’assurance-maladie de base. Le mois dernier, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a choisi de maintenir cette prise en charge, avec l’appui de l’Office fédéral de la santé publique.
