Mali : une étude sur l’excision suspendue à Bamako par le Comité national d’éthique

Au Mali, le Comité national d’éthique pour la santé et les sciences de la vie (CNESS) a ordonné l’arrêt immédiat d’une étude consacrée aux perceptions de l’excision à Bamako. La décision, prise le 26 août 2026, annule l’autorisation éthique accordée quelques semaines plus tôt au projet.

Baptisée POPEX, pour « Enquête sur les opinions sur l’excision à Bamako », l’étude était conduite sous la responsabilité de Hamadoun Bocoum, directeur exécutif de SDI Mali. Dans une ordonnance signée par son président, le professeur Sambou Soumaré, le CNESS demande la cessation de toute activité liée à l’enquête, notamment la collecte et le traitement des données.

Le Comité présente cette mesure comme « exceptionnelle » et la justifie par la nécessité de préserver les sensibilités locales et régionales dans le contexte actuel. L’autorisation éthique délivrée le 6 juin 2026, sous le numéro 2026_007/MSDS-CNESS, est ainsi annulée. Le CNESS prévient également qu’il veillera au respect de sa décision et informera, si nécessaire, les autorités compétentes.

Les raisons précises restent floues

L’ordonnance ne détaille toutefois pas les éléments qui ont conduit à la suspension de l’étude. Cette absence d’explications précises laisse ouvertes plusieurs interrogations sur le contexte ayant motivé la décision.

L’excision demeure en effet une question particulièrement sensible au Mali. La pratique reste répandue dans certaines communautés, alors que les mutilations génitales féminines font l’objet de campagnes de lutte au niveau national et international.

Le Mali est notamment signataire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et s’est engagé à combattre les mutilations génitales féminines.

SDI Mali n’a pas encore réagi

L’étude POPEX devait notamment permettre de mieux comprendre les perceptions et les attitudes des habitants de Bamako à l’égard de l’excision. Mais avec l’annulation de son approbation éthique, toute poursuite des travaux sur le terrain est désormais interdite.

À ce stade, SDI Mali n’a pas publiquement réagi à la décision du CNESS. Aucun mécanisme ni délai de recours n’a par ailleurs été précisé dans l’ordonnance.

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