L’épidémie d’Ebola fait son retour en République démocratique du Congo. Bilan provisoire fait cas de 88 morts et 336 cas suspects, selon les autorités sanitaires africaines, qui ne cachent pas leur inquiétude.
Face à la progression de la maladie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’épidémie « urgence de santé publique de portée internationale », soit le deuxième niveau d’alerte le plus élevé du règlement sanitaire international.
L’épidémie actuelle est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, identifiée pour la première fois en 2007. Selon le ministère de la Santé congolais, aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe actuellement contre cette variante, dont le taux de létalité peut atteindre environ 50 %.
Cette situation complique fortement la réponse sanitaire, alors que les équipes médicales font face à une propagation rapide dans plusieurs zones de la province de l’Ituri, au nord-est du pays.
Une situation déjà jugée critique
Les premiers cas auraient été détectés à Bunia, où une infirmière présentant des symptômes évocateurs aurait été identifiée comme le « patient zéro ». Depuis, plusieurs foyers d’infection ont été signalés, y compris au-delà des frontières, notamment en direction de l’Ouganda.
L’organisation Médecins Sans Frontières a annoncé le déploiement d’une intervention d’urgence. MSF juge la situation « extrêmement préoccupante » en raison de la vitesse de propagation et des difficultés d’isolement des malades.
Sur le terrain, les autorités locales évoquent des conditions particulièrement difficiles. Dans plusieurs zones rurales, il n’existe pas d’unités d’isolement suffisantes, ce qui oblige parfois les familles à s’occuper elles-mêmes des malades et des dépouilles, augmentant les risques de transmission.
La RDC, vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, fait régulièrement face à des épidémies de fièvre hémorragique. Il s’agit déjà de la 17e flambée d’Ebola enregistrée sur son territoire.
