Le verdict est tombé ce vendredi 3 avril 2026 à Kinshasa. Le docteur David Balanganayi, dont les images choquantes avaient fait le tour des réseaux sociaux, a été condamné à deux mois de prison avec sursis par le tribunal de grande instance de Kinkole. Ce médecin avait été filmé en train de frapper et d’insulter une patiente en salle d’accouchement, alors qu’il lui pratiquait une suture sans anesthésie.
Une peine qui paraît d’autant plus clémente que le parquet avait requis jusqu’à dix ans de prison ferme à son encontre.
Jugé en procédure de flagrance, le praticien a vu les charges pesant contre lui s’amenuiser au cours de l’instruction. L’accusation de tentative de meurtre a rapidement été abandonnée. Au moment du verdict, les juges ont également écarté les chefs de torture et d’atteinte à l’intégrité physique. Seuls les coups et blessures simples ont finalement été retenus.
Une issue saluée par la défense. « Nous saluons cette décision qui vient de corriger, en tout cas, le tribunal de la rue. Non seulement le tribunal de la rue, mais la théâtralisation que les politiciens ont voulu coller à ce procès », a réagi Me Joël Cadet Ndanga.
Du côté des organisations de défense des droits des femmes, on relativise la clémence de la peine. « Une condamnation reste une condamnation. Il faut maintenant retravailler notre système de santé. Cette affaire vient marquer un tournant décisif sur les violences gynécologiques et obstétricales en RDC. Elle nous rappelle qu’aucune défaillance institutionnelle, aucune pression de service, aucune habitude professionnelle ne peut justifier qu’on fasse passer la souffrance d’une femme après les failles d’un système », estime Dorcas Bwalelo, de l’ONG Usawa Initiative.
L’État congolais, en tant qu’employeur du médecin et responsable de l’hôpital, a également été condamné. Il devra verser des dommages et intérêts aux parties civiles, sans toutefois dépasser la somme de 2 500 dollars.

