lundi 23 février 2026

RDC : quand la guerre aggrave l’épidémie de choléra au Sud-Kivu

Les conflits armés ont un coût sanitaire souvent invisible dans les négociations de paix. En République démocratique du Congo, l’impact des affrontements sur la propagation des épidémies reste l’un des angles morts des discussions politiques. Pourtant, sur le terrain, les conséquences sont bien réelles.

Dans l’est du pays, au Sud-Kivu, la localité de Sange a récemment fait face à la plus importante épidémie de choléra enregistrée dans la zone depuis cinq ans. Plus de 800 personnes ont été prises en charge par Médecins sans frontières (MSF). Une flambée aggravée par les déplacements constants de populations fuyant les combats récurrents entre les FARDC, leurs alliés Wazalendo et le groupe armé AFC/M23.

« Avec les déplacements des populations, c’est très difficile pour nous de contenir l’épidémie parce que les patients propagent la maladie », explique Edwige Bagula, coordinatrice médicale de MSF.

La difficulté d’accès aux points de captage d’eau a joué un rôle déterminant dans l’aggravation de la crise sanitaire. « Le système de filtrage est obstrué par le sable et la terre, et la communauté ne pouvait pas y accéder pour nettoyer les filtres. Il n’y avait pas d’eau dans la communauté », poursuit Edwige Bagula. Une pénurie aggravée par une couverture en eau potable déjà très faible. « Le conflit armé a vraiment influencé cette épidémie de choléra », conclut-elle.

Une réponse humanitaire pas à la hauteur 

Après huit semaines d’intervention de l’équipe d’urgence de MSF, le nombre de cas de choléra a baissé de 90 % et l’épidémie est désormais sous contrôle. L’organisation a appuyé le centre de traitement du choléra de l’hôpital général de Sange et le Centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Au total, plus de 50 points de chloration de l’eau ont été installés dans la zone de santé de Ruzizi.

Fin janvier, après une explosion ayant fait plusieurs morts et une dizaine de blessés à Sange, l’équipe d’urgence de MSF a dû évacuer la ville pour des raisons de sécurité. Elle a néanmoins continué à assurer ses activités à distance jusqu’à mi-février.

Ce cas révèle tragiquement comment l’insécurité chronique dans l’est de la RDC exacerbe les vulnérabilités sanitaires des populations, déjà confrontées à un accès limité aux soins et à l’eau potable.

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