Royaume-Uni : des étudiantes se voient offrir des milliers de livres pour donner leurs ovocytes

Des étudiantes de certaines des universités les plus prestigieuses du Royaume-Uni sont ciblées par des agences étrangères spécialisées dans la fertilité. Selon une enquête publiée par The Independent le 25 août 2026, ces jeunes femmes reçoivent des propositions pouvant atteindre 9 000 livres, soit environ 10 500 euros, en échange de leurs ovocytes.

Le phénomène concerne notamment des étudiantes d’établissements universitaires réputés. Des cliniques et agences basées aux États-Unis, en Espagne ou encore en République tchèque cherchent auprès d’elles des profils considérés comme particulièrement recherchés par certains clients.

Les agences ciblent notamment des étudiantes jugées en bonne santé et correspondant à certains critères physiques ou académiques. L’objectif affiché repose sur les attentes de clients qui souhaitent sélectionner une donneuse dont les caractéristiques pourraient, selon eux, être transmises à leur futur enfant.

Cette logique soulève des interrogations sur les critères utilisés dans la sélection des donneuses et sur la place accordée aux caractéristiques physiques ou intellectuelles dans les parcours de procréation médicalement assistée.

Au Royaume-Uni, le don d’ovocytes repose sur un cadre différent. La législation britannique interdit notamment une rémunération commerciale du don. Les agences étrangères peuvent toutefois proposer des sommes importantes à des étudiantes qui acceptent de se rendre dans d’autres pays pour effectuer le prélèvement.

La précarité comme facteur de décision

L’enquête de The Independent met surtout en lumière la situation financière de certaines étudiantes. Plusieurs d’entre elles vivent loin de leur université et doivent cumuler leurs études avec plusieurs emplois pour financer leur quotidien.

Pour ces jeunes femmes, la perspective de recevoir plusieurs milliers de livres peut donc représenter une aide financière considérable. Certaines craignent de ne pas disposer des ressources nécessaires pour terminer leur cursus universitaire et obtenir leur diplôme.

Le choix de donner leurs ovocytes n’est pas toujours vécu par les intéressées comme une situation de contrainte. Toutefois, le poids des difficultés économiques pose la question de l’influence que peut exercer la précarité sur leur décision.

L’enquête rapporte également que certaines étudiantes qui ne peuvent finalement pas donner leurs ovocytes reçoivent une autre proposition, devenir mère porteuse. La démarche peut aussi concerner des femmes dont le prélèvement d’ovocytes s’est déroulé sans difficulté.

Ellie, une étudiante de Cambridge citée dans l’enquête, envisage ainsi de porter un enfant pour autrui durant son année de césure.

La question des risques médicaux

Au-delà de la rémunération, l’information fournie aux donneuses constitue une autre source d’interrogation. Le prélèvement d’ovocytes implique un traitement hormonal et une intervention médicale. Les conditions dans lesquelles ces procédures sont réalisées à l’étranger peuvent donc susciter des questions sur le suivi médical et l’information des patientes.

L’avocate spécialisée en droit de la famille Cara Nuttall alerte notamment sur le manque de cadre juridique et thérapeutique auquel peuvent être confrontées les étudiantes lorsqu’elles passent par des entreprises étrangères.

Le débat porte ainsi sur la qualité du consentement. Une femme peut accepter volontairement un prélèvement tout en disposant d’informations insuffisantes sur les risques et les conséquences de la procédure.

Derrière les offres financières adressées aux étudiantes d’universités prestigieuses, l’enquête soulève donc plusieurs questions, à savoir jusqu’où peut aller la sélection des donneuses, quelle place la précarité occupe-t-elle dans leur décision et quelles garanties doivent accompagner leur consentement.

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