Santé : ce qui va changer avec l’assurance maladie obligatoire au Bénin

Le gouvernement béninois a apporté de nouveaux éclaircissements sur la mise en œuvre prochaine de l’assurance maladie obligatoire à l’échelle nationale. Les précisions ont été données jeudi 11 juin 2026 par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, à l’occasion d’une intervention consacrée aux récentes mesures sociales engagées par l’exécutif.

Selon lui, le dispositif est déjà entré dans une phase pilote qui cible principalement les ménages pauvres et économiquement vulnérables. À ce jour, près d’un million de personnes ont déjà bénéficié d’une carte biométrique qui leur permet d’accéder aux soins dans les centres de santé publics du pays.

Après cette étape expérimentale, les autorités entendent désormais passer à la généralisation du système. Une évolution qui répond à une exigence légale et qui sera accompagnée d’une importante campagne nationale de sensibilisation.

L’objectif affiché par le gouvernement est de convaincre les populations de l’importance d’une couverture sanitaire, afin de limiter les dépenses imprévues liées à la maladie et de faciliter l’accès aux soins pour tous.

Les employeurs mis à contribution

Le gouvernement a également détaillé les mécanismes de financement de cette réforme. Pour les salariés, la souscription à l’assurance relèvera de la responsabilité de l’employeur.

Ce dernier devra prendre en charge au minimum 80 % du coût de la couverture, tandis que le travailleur contribuera à hauteur de 20 %. Les mêmes principes devraient s’appliquer aux différentes catégories professionnelles concernées par la réforme.

Concernant les enfants, le coût annuel de l’assurance a été fixé à environ 9 000 francs CFA, soit moins de 1 000 francs CFA par mois. En contrepartie, les bénéficiaires auront accès à un panier de soins essentiels défini par les autorités sanitaires.

Le porte-parole du gouvernement a insisté sur l’intérêt économique de cette mesure, soulignant que les dépenses de santé peuvent rapidement devenir très élevées en l’absence de couverture.

Pour illustrer son propos, il a évoqué les cas de paludisme sévère, dont la prise en charge peut coûter plusieurs dizaines de milliers de francs CFA lorsqu’aucune assurance n’est disponible. Avec la couverture maladie, une grande partie de ces frais serait absorbée par le système, réduisant ainsi la pression financière sur les familles.

Réduire la peur des coûts hospitaliers

À travers cette réforme, le gouvernement ambitionne de renforcer l’accès aux soins tout en luttant contre le renoncement aux traitements pour des raisons financières. Les autorités souhaitent notamment réduire la crainte des dépenses médicales qui pousse encore de nombreux citoyens à retarder leur prise en charge.

Après la récente mesure de gratuité des urgences vitales dans les hôpitaux publics, la généralisation de l’assurance maladie obligatoire constitue une nouvelle étape de la politique sociale engagée par l’exécutif pour améliorer la protection sanitaire des populations et élargir progressivement la couverture médicale à l’ensemble des Béninois.

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