jeudi 8 janvier 2026

Santé : des scientifiques alertent sur les risques potentiels liés aux tatouages

Longtemps perçus comme une pratique esthétique sans danger majeur, les tatouages suscitent aujourd’hui l’attention croissante de la communauté scientifique. Au-delà des regrets liés aux motifs ou aux fautes d’orthographe, des chercheurs mettent en garde contre des risques biologiques potentiels, encore insuffisamment compris, liés aux encres utilisées.

Selon le Dr Manal Mohammed, maître de conférences en microbiologie médicale à l’Université de Westminster, l’encre de tatouage ne reste pas confinée à la peau. Une fois injectés dans le derme, les pigments interagissent avec le système immunitaire. « Les particules sont perçues comme des corps étrangers. Le système immunitaire tente de les éliminer, sans y parvenir totalement », explique-t-elle.

Les encres de tatouage se composent souvent de mélanges chimiques complexes, dont certains pigments ont initialement servi à des usages industriels comme la peinture automobile, les plastiques ou les toners d’imprimante. Plusieurs analyses révèlent la présence de métaux lourds tels que le nickel, le chrome, le cobalt, voire le plomb. À certaines concentrations, ces substances peuvent provoquer des réactions allergiques, une hypersensibilité immunitaire et une inflammation chronique.

Les encres noires, issues du noir de carbone, contiennent parfois des composés reconnus comme cancérigènes. Les encres colorées, notamment rouges, jaunes et oranges, se trouvent plus fréquemment associées à des réactions allergiques persistantes.

Des travaux scientifiques montrent également que les pigments peuvent migrer vers les ganglions lymphatiques, organes clés du système immunitaire. Les conséquences à long terme de cette accumulation restent incertaines, mais les chercheurs évoquent un risque potentiel lié à une exposition prolongée à des substances toxiques.

Certaines études établissent un lien entre tatouages et cancers. Une recherche de l’Université du Danemark du Sud suggère un risque accru de cancers de la peau et du sang, avec un risque de lymphome jusqu’à trois fois plus élevé chez les personnes portant de grands tatouages. Une étude suédoise publiée en 2024 évoque une augmentation globale du risque de cancer de 21 % chez les personnes tatouées.

Les infections constituent une autre préoccupation. Environ une personne sur cinq développerait des complications après un tatouage ou un piercing, allant de simples inflammations à des infections sévères pouvant évoluer vers une septicémie.

Les experts pointent enfin une réglementation inégale et souvent insuffisante. Dans de nombreux pays, les encres de tatouage échappent à des contrôles aussi stricts que ceux appliqués aux cosmétiques ou aux produits médicaux.

« Le tatouage reste une forme d’expression personnelle forte, mais il correspond aussi à une exposition chimique à vie », résume le Dr Mohammed. Les scientifiques appellent à davantage de recherches pour mieux évaluer les effets à long terme sur la santé.

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