Découvrir au réveil qu’un comportement sexuel a eu lieu pendant la nuit sans en garder le moindre souvenir peut être déstabilisant. Rare et encore méconnu, ce trouble appelé sexomnie peut provoquer honte, inquiétude et tensions au sein du couple. Dans certains cas, il soulève également des questions juridiques.
La sexomnie, ou sexsomnie, tire son nom du latin sexus (sexe) et somnus (sommeil). Elle désigne un trouble du sommeil durant lequel une personne adopte, en dormant, des comportements sexuels automatiques et inconscients. Ce phénomène appartient à la famille des parasomnies, un ensemble de troubles caractérisés par des comportements anormaux qui surviennent pendant le sommeil ou lors des transitions entre veille et sommeil.
Les spécialistes classent la sexomnie parmi les troubles de l’éveil survenant durant le sommeil lent profond, au même titre que le somnambulisme. Dans cet état, certaines zones du cerveau restent endormies tandis que d’autres s’activent. Le cortex préfrontal, chargé du jugement et du contrôle volontaire, demeure inactif, alors que des régions plus primitives du cerveau peuvent déclencher des comportements instinctifs, dont la sexualité.
Les manifestations varient selon les personnes. Elles peuvent inclure des gémissements, des mouvements du bassin, de la masturbation, des caresses ou parfois des rapports sexuels. Dans de rares situations, les gestes peuvent être brusques ou inappropriés. Le point commun reste l’absence totale de souvenir au réveil. Souvent, ce sont les partenaires ou les proches qui signalent ces comportements nocturnes.
Les épisodes surviennent généralement lors du sommeil profond, souvent après un micro-éveil ou lorsque le sommeil est perturbé. Certains facteurs semblent favoriser leur apparition, notamment le manque de sommeil, le stress, la consommation d’alcool ou de certains médicaments. Les personnes déjà sujettes à des troubles du sommeil, comme le somnambulisme ou l’apnée du sommeil, pourraient également être plus exposées.
Bien que reconnue médicalement, la sexomnie reste peu étudiée. Les recherches reposent principalement sur des observations cliniques et des cas analysés en laboratoire du sommeil. Les spécialistes insistent donc sur l’importance d’un diagnostic précis, réalisé par des professionnels formés.
Si ce trouble ne présente généralement pas de danger physique, ses conséquences peuvent être importantes sur le plan psychologique et relationnel. Il peut provoquer incompréhension, anxiété ou conflits dans le couple. Dans de rares situations, des affaires judiciaires peuvent également survenir lorsque des gestes sexuels involontaires sont signalés.
Enfin, ces épisodes peuvent fragmenter le sommeil et entraîner une fatigue persistante. Une prise en charge médicale, associée à une amélioration de l’hygiène du sommeil, permet souvent de limiter la fréquence des crises et d’en réduire les impacts.
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