Angleterre : ce village vote symboliquement pour quitter le Royaume-Uni et rêve de devenir américain

Un village anglais a choisi de tourner symboliquement le dos au Royaume-Uni. À Piddington, dans l’Oxfordshire, les habitants ont voté le 15 septembre 2026 en faveur d’une indépendance symbolique. Une initiative sans effet juridique, mais susceptible d’ouvrir la voie à une demande encore plus surprenante, voir la localité devenir le 51e État des États-Unis.

Le résultat du scrutin est sans appel. Sur les 312 suffrages exprimés, 285 habitants ont voté pour l’indépendance, contre 26 oppositions. Un bulletin a été déclaré nul. Avec environ 350 habitants, Piddington reste toutefois pleinement rattaché au Royaume-Uni. Le vote, organisé par le conseil paroissial, n’a aucune valeur juridique sur le statut du village.

L’initiative est portée par Tim McNally, président du conseil paroissial. Avant le scrutin, celui-ci avait déjà fait référence à l’histoire de l’indépendance américaine et travaillé sur un projet de constitution pour Piddington.

Le rêve du 51e État américain

La question d’une intégration aux États-Unis ne figurait pas sur le bulletin soumis aux habitants le 15 septembre. Le vote portait uniquement sur une indépendance symbolique vis-à-vis du Royaume-Uni.

L’idée d’un rapprochement avec les États-Unis constitue donc une démarche distincte. Elle avait toutefois été évoquée avant le référendum. Le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, une première consultation locale avait recueilli 178 voix favorables à l’organisation d’un référendum sur l’avenir du village, contre sept.

Tim McNally a également évoqué des démarches auprès des autorités américaines. Selon des déclarations rapportées par la presse, une lettre aurait été adressée au président Donald Trump et un dossier aurait été remis à l’ambassade des États-Unis.

Aucune procédure officielle connue ne permet toutefois à Piddington de rejoindre les États-Unis. Le résultat du référendum local ne modifie donc pas son statut juridique.

Un projet d’accueil de 1 256 demandeurs d’asile à l’origine de la mobilisation

Derrière cette initiative se trouve aussi une contestation locale liée à un projet du gouvernement britannique. Le Home Office prévoit d’utiliser Bicester Garrison Site A, une ancienne installation militaire située entre Piddington et Upper Arncott, afin d’y accueillir temporairement jusqu’à 1 256 demandeurs d’asile adultes de sexe masculin.

Le projet a été annoncé le 25 juin 2026. Le site doit être aménagé avec des logements temporaires ainsi que des espaces consacrés aux soins, aux loisirs et à l’accompagnement. Des travaux sont également prévus pour les réseaux d’eaux usées, le stationnement, les déplacements et la sécurité.

Le Cherwell District Council a exprimé son opposition au projet dans sa forme actuelle. Dans sa réponse adressée au gouvernement le 17 septembre, l’autorité locale a soulevé plusieurs questions liées notamment à la sécurité, aux transports, au drainage, à l’environnement et aux capacités des services publics des communes voisines.

Une décision qui revient à Londres

Le conseil local ne peut pas décider seul de l’abandon du projet. La procédure relève du dispositif britannique d’« Urgent Crown Development ». Le Cherwell District Council intervient donc comme autorité consultée, tandis que la décision finale appartient au gouvernement britannique.

Le projet de Bicester s’inscrit dans un programme plus large. Trois centres étaient envisagés lors de l’annonce de juin, pour une capacité totale d’environ 3 700 demandeurs d’asile. L’objectif affiché par le gouvernement est notamment de réduire le recours aux hôtels pour leur hébergement.

Piddington reste donc britannique malgré le résultat du scrutin. Quant au projet de devenir le 51e État américain, il demeure pour l’instant une initiative locale sans conséquence juridique.

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