CAN 2025 : le Sénégal dégaine son arme secrète pour le TAS

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CAN 2025 : la plainte du Maroc rejetée, le Sénégal sacré champion

La bataille autour de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre désormais dans sa phase judiciaire. Alors que la CAF a retiré le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, plusieurs observateurs estiment que Dakar dispose d’arguments solides devant le Tribunal arbitral du sport. Ainsi, pour défendre ses intérêts, la Fédération sénégalaise de football a constitué un pool d’avocats de premier plan. Selon L’Observateur, cette équipe est « dirigée par Me Seydou Diagne, accompagné du bâtonnier, Me Aly Fall, et de Me Moussa Sarr – ce dernier étant rôdé aux procédures du TAS depuis l’affaire de l’US Ouakam ».

« Pour bétonner le dossier à l’international, poursuit le journal, la FSF mise sur trois experts étrangers, dont un Français et, surtout, le Suisse Serge Vittoz. […] C’est lui qui avait obtenu gain de cause en 2017 dans l’affaire du match Afrique du Sud-Sénégal, que la FIFA avait fait rejouer pour corruption d’arbitre », ajoute le média.

C’est dire l’ampleur du défi que le Sénégal entend relever, alors que la remise en cause d’un résultat acquis sur le terrain, deux mois après une finale, constitue une situation rare, voire inédite dans le football africain.

Sur le plan réglementaire, la CAF s’appuie sur les articles 82 et 84 de son règlement. Ces dispositions prévoient notamment des sanctions en cas de refus de jouer ou d’abandon de match. Toutefois, leur application au cas sénégalais suscite des interrogations. Les experts estiment que l’interprétation de ces textes pourrait être contestée, notamment si les faits ne correspondent pas strictement aux situations prévues.

L’un des points centraux du dossier réside dans le déroulement même de la finale. Malgré l’incident survenu (la sortie temporaire de joueurs sénégalais), la rencontre est allée à son terme, prolongation comprise. Ce détail pourrait peser lourd dans l’analyse du TAS. En droit du sport, l’arbitre demeure le garant du déroulement du match. Le fait que celui-ci n’ait pas interrompu définitivement la rencontre pourrait être interprété comme une validation implicite de la poursuite du jeu.

Cette contradiction entre le résultat sportif et la sanction administrative constituent un axe majeur de contestation. Pour les avocats, il existe une tension juridique entre une finale disputée jusqu’au bout et une décision ultérieure qui requalifie l’issue du match en forfait.

Autre élément déterminant, la proportionnalité de la sanction. Le TAS accorde une attention particulière à cet aspect, veillant à ce que les décisions disciplinaires soient adaptées à la gravité des faits. Dans ce dossier, le retrait d’un titre continental pourrait être jugé excessif au regard des circonstances.

Saisi par les autorités sénégalaises, le TAS devra examiner l’ensemble du dossier afin de déterminer si la CAF a correctement appliqué ses propres règlements. Sans se substituer à l’arbitre du match, l’instance basée à Lausanne évaluera la conformité juridique de la décision.

Dans ce contexte, l’issue de la procédure pourrait faire jurisprudence et redéfinir les limites entre décisions sportives et sanctions administratives dans les compétitions africaines.

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