L’archevêque Guy Vincent Kodja livre une réflexion qui ne manquera pas de susciter le débat sur le rapport entre foi, action, pouvoir et solidarité. Pour le religieux, la prière, aussi importante soit-elle, ne peut à elle seule permettre d’atteindre certains objectifs. Elle doit s’accompagner d’engagement, de travail et d’actions concrètes.
Dans son intervention, Guy Vincent Kodja s’est notamment intéressé à la question de la conquête et du maintien du pouvoir. Il critique la croyance selon laquelle des prières collectives ou le fait de « parler en langues » pourraient, à eux seuls, assurer la victoire d’un candidat à une élection présidentielle.
Selon lui, la foi doit plutôt conduire les croyants à agir concrètement. Il évoque à ce titre la notion de sacrifice, qu’il distingue des pratiques incompatibles avec la foi chrétienne. Pour l’archevêque, il s’agit avant tout d’accepter de donner de son temps, de ses ressources et de ses compétences pour atteindre un objectif.
Guy Vincent Kodja accorde également une place importante à la solidarité. S’appuyant sur son expérience de vie à Treichville, il évoque les habitudes de partage qu’il dit avoir observées dans certaines familles et communautés, où la nourriture est offerte aux voisins et aux personnes présentes dans la cour.
Pour le religieux, ces gestes de générosité peuvent constituer une forme de « semence » susceptible de produire des bénédictions. Il oppose cette logique de partage à ce qu’il considère comme une tendance à l’individualisme chez certains chrétiens.
À ses yeux, demander à Dieu de favoriser sa propre réussite tout en refusant de soutenir les autres constitue une contradiction. Il encourage donc les fidèles à davantage s’entraider, notamment dans leurs initiatives économiques et professionnelles.
« Toi, tu peux avoir le capital »
L’archevêque plaide ainsi pour une mise en commun des compétences et des moyens. « Toi, tu peux avoir le capital, mais lui, il a le cerveau pour faire fructifier ce capital », explique-t-il, appelant les chrétiens à développer davantage de partenariats et de projets collectifs.
Cette approche dépasse, selon lui, le seul cadre religieux. Elle doit aussi permettre aux communautés de créer des activités, de développer leurs ressources et de renforcer leur autonomie.
En évoquant enfin les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), Guy Vincent Kodja revient sur la question du pouvoir. Son message est que la prière ne dispense pas de l’action. Pour réaliser ses ambitions, il estime qu’il faut également travailler, s’organiser, prendre des risques et compter sur la solidarité des autres.
