Supprimée début mai 2026, la Commission électorale indépendante (CEI) laisse place à un vide juridique et politique que le gouvernement promet de combler rapidement. Mais l’Église catholique, qui vient de se réunir en assemblée plénière à Abidjan, entend peser sur la réforme. Réunis en assemblée plénière dans la capitale économique, les responsables de l’Église ont rendu publique leur vision d’un nouveau dispositif électoral. Un texte mesuré, mais ferme.
« Cette refonte représente une opportunité de renforcer la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans le processus démocratique », estiment les évêques, qui disent « prendre acte » de la décision gouvernementale tout en appelant à ne pas gâcher ce moment politique sensible.
La suppression de la CEI, décidée sans grand débat public, avait suscité de vives réactions au sein de l’opposition et d’une partie de la société civile. Motif officiel avancé par les autorités ivoiriennes est de mettre fin à une institution jugée trop clivante et dysfonctionnelle, incapable de garantir la transparence lors des derniers scrutins locaux.
Mais pour l’Église catholique, l’enjeu dépasse la simple refonte administrative. Dans leur déclaration finale, les évêques exhortent les autorités à « poursuivre les consultations avec l’ensemble des forces politiques et sociales du pays ». Le futur mécanisme électoral, préviennent-ils, devra être conçu de manière à garantir son indépendance vis-à-vis des intérêts partisans et à assurer une représentation équitable des différentes sensibilités nationales.
Autrement dit, pas question que la nouvelle structure devienne une chasse gardée du pouvoir en place.
La société civile s’inspire du Sénégal, du Ghana et du Bénin
Le gouvernement n’est pas seul sur ce dossier. Plusieurs organisations de la société civile travaillent déjà à l’élaboration d’un document de propositions destiné à alimenter la réflexion sur cette réforme. Leur méthode, s’inspirer des modèles électoraux mis en œuvre dans certains pays africains réputés pour leurs institutions consensuelles.
Le Sénégal, le Ghana et le Bénin sont particulièrement étudiés. Ces trois nations sont régulièrement citées pour la relative neutralité de leurs commissions électorales et leur capacité à organiser des scrutins apaisés, même en période de forte tension politique.
L’objectif affiché par ces acteurs de la société civile est de contribuer à la mise en place d’un système capable de renforcer la transparence des élections et de restaurer la confiance des citoyens comme des partis politiques dans les futures échéances.
Reste une inconnue de taille : le calendrier. Les autorités ivoiriennes n’ont pas encore dévoilé le contour précis du nouveau dispositif, ni la date à laquelle il entrera en fonction. En coulisses, on évoque une large consultation, mais aucun texte n’a encore été soumis à l’Assemblée nationale.
