Bad Bunny, artiste portoricain de 31 ans, a remporté dimanche l’album de l’année aux Grammy Awards pour “Debi Tirar Mas Fotos“, un album en espagnol qui fusionne reggaeton, trap et musiques traditionnelles tout en abordant la colonisation de Porto Rico. La cérémonie, transformée en tribune contre la politique migratoire du président américain Donald Trump, a vu le chanteur appeler à expulser la police de l’immigration américaine (ICE) et dénoncer la haine envers les communautés immigrées et LGBT+.
« Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et américains », a-t-il clamé, tandis que des musiciens comme Justin Bieber et Joni Mitchell arboraient des pin’s « ICE out ». Sans le nommer, Donald Trump a critiqué la cérémonie sur Truth Social. Il a jugé les Grammys « pires » et menace de poursuivre Trevor Noah, humoriste et maître de cérémonie de la soirée.
Aux côtés de Bad Bunny, Kendrick Lamar a remporté cinq trophées pour Luther, don’t l’enregistrement de l’année, et Lady Gaga deux prix pour Mayhem. Billie Eilish, sacrée pour “Wildflower”, a appelé à « continuer à se battre et manifester ». Shaboozey et Olivia Dean ont salué le rôle et le courage des immigrés dans la construction du pays.
Citoyen américain grâce au statut de Porto Rico, Bad Bunny a choisi de ne pas inclure les États-Unis dans sa tournée mondiale afin de protéger ses spectateurs de raids potentiels de l’ICE. Dimanche prochain, il se produira à la mi-temps du Super Bowl, un concert très attendu et critiqué par la sphère MAGA.
Le palmarès des Grammy reflète la diversité musicale actuelle, avec la K-pop (Golden), le rap et le reggaeton, et s’explique par l’intégration de 3.800 nouveaux membres dans la Recording Academy pour mieux représenter le paysage musical contemporain, selon Harvey Mason Jr.
