samedi 7 février 2026

Maroc : le parquet se prononce sur la grève de la faim des supporters sénégalais

Au Maroc, le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat a formellement contesté les informations faisant état d’une grève de la faim des supporters sénégalais arrêtés à la suite des violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. L’information, relayée vendredi par l’Agence France-Presse (AFP), est jugée « sans fondement » par le parquet marocain.

Dans un communiqué officiel, le ministère public réfute point par point les déclarations attribuées à l’avocat des détenus, Me Patrick Kabou, selon lesquelles ses clients auraient cessé de s’alimenter pour protester contre ce qu’ils considèrent comme un déni de justice.

Selon le procureur du Roi, « les intéressés bénéficient normalement et régulièrement des repas fournis par l’établissement pénitentiaire », ce qui infirme l’hypothèse d’un mouvement de grève de la faim.

Les détenus affirmaient notamment ne pas avoir bénéficié d’interprètes lors de leurs interrogatoires, soutenant ne maîtriser que le wolof, tandis que les auditions se déroulaient en français et en arabe.

Sur ce point, le parquet s’appuie sur l’article 21 du Code de procédure pénale marocain, qui n’impose pas la présence d’un interprète lorsque l’officier de police judiciaire maîtrise la langue de la personne entendue. Le communiqué précise que « les procès-verbaux établis mentionnent que leur contenu a été lu et traduit aux personnes auditionnées ».

Concernant les audiences judiciaires, le ministère public affirme qu’un interprète assermenté a assuré la traduction en français, langue que les autorités estiment comprise par l’ensemble des prévenus. Lors de l’audience du 5 février, un avocat inscrit au barreau de France s’est entretenu directement avec les détenus dans cette langue, ce qui, selon le parquet, confirme le respect du droit à la défense.

Le procureur du Roi revient également sur les reports successifs du procès. La première audience, tenue le 22 janvier 2026, avait été renvoyée au 29 janvier à la demande des prévenus, afin de leur permettre de préparer leur défense.

Le dossier a ensuite été inscrit au rôle le 5 février. À cette date, l’avocat français n’était pas assisté d’un confrère qui dispose d’une adresse professionnelle au Maroc, condition requise par la procédure judiciaire marocaine. L’affaire a donc été renvoyée au 12 février 2026, toujours à la demande des détenus, qui sollicitaient un délai supplémentaire pour l’organisation de leur défense.

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