À 7 jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 (11 juin – 19 juillet), nous vous proposons chaque jour le portrait d’une sélection africaine qualifiée. Premier épisode, le Maroc, tête d’affiche du continent et candidat à un nouvel exploit historique.
Huitième participation pour les Lions de l’Atlas (Groupe C : Brésil, Maroc, Écosse, Haïti), mais une première en tant que tête de série assumée. Depuis leur demi-finale historique au Qatar en 2022 (première nation africaine à atteindre ce stade), le Maroc a consolidé son statut de puissance émergente du football mondial. Actuellement 7e au classement FIFA, son plus haut historique, la sélection a survolé les éliminatoires africaines avec une invincibilité qui n’a fait que renforcer sa légitimité.
Un changement de taille intervient toutefois sur le banc. Walid Regragui, l’architecte de l’épopée qatarie, a été remplacé en mars 2026 par Mohamed Ouahbi, sacré champion du monde des moins de 20 ans en 2025. Un pari osé à moins de trois mois du Mondial, mais qui témoigne de l’ambition et de la profondeur de banc du football marocain .
La force : une assise défensive inégalée
La force du Maroc reste sa structure défensive, la meilleure d’Afrique et l’une des plus hermétiques au monde. Achraf Hakimi, meilleur latéral droit de la planète, incarne cette double menace défensive et offensive. Associé à Nayef Aguerd, Sofyan Amrabat en sentinelle et le retour en forme de Yassine Bounou dans les buts, le bloc marocain a prouvé face à l’Espagne, au Portugal et à la Belgique en 2022 qu’il pouvait museler les meilleures attaques européennes.
À cette solidité s’ajoute désormais la créativité de Brahim Díaz (Real Madrid), venu enrichir un secteur offensif déjà composé de Youssef En-Nesyri et Sofiane Boufal. L’équilibre entre expérience (Hakimi, Amrabat) et jeunesse (Brahim Díaz, El Khannouss) est probablement le meilleur du continent.
La faiblesse : le changement d’entraîneur et ses risques
Le départ de Regragui reste une inconnue majeure. Si Mohamed Ouahbi possède un CV impressionnant (vainqueur de la Coupe du monde U20), il n’a jamais dirigé une équipe première dans une compétition de cette envergure. La mayonnaise peut prendre, ou gripper. La demi-finale de 2022 doit autant à la qualité des joueurs qu’à la psychologie et la gestion de groupe exceptionnelle de Regragui. Ouahbi devra rapidement imposer sa patte sans déstabiliser un vestiaire rodé.
Autre point d’interrogation, le groupe. Le Brésil, en quête de rédemption après des éliminatoires inquiétants (5e seulement en CONMEBOL), reste le Brésil. Affronter la Seleção dès le premier match (13 juin) mettra immédiatement la pression sur les Lions. L’Écosse, de retour après 28 ans d’absence avec un Scott McTominay en état de grâce, ne fera pas de cadeau. Enfin, Haïti, de retour après 52 ans, n’a rien à perdre et jouera sans complexe.
Pronostic
Le Maroc part favori pour la deuxième place du groupe, voire pour la première si le Brésil continue d’afficher ses fragilités défensives. Les matches contre l’Écosse et Haïti doivent impérativement rapporter six points. Une fois en phase à élimination directe (le nouveau format 48 équipes inclut un 16e de finale), les Lions de l’Atlas, rodés aux matches couperets, deviennent une nouvelle fois très dangereux.
Un nouveau quart ou demi-finale est loin d’être irréaliste pour le Maroc.
