L’Église anglicane a tourné une page de son histoire ce mercredi 28 janvier 2026. Plus d’un an après la démission de Justin Welby, Sarah Mullally a officiellement accédé au poste d’archevêque de Canterbury, et devient la première femme à prendre la tête de l’Église d’Angleterre. Cette fonction, considérée comme l’équivalent de celle du pape pour la communion anglicane, concerne près de cent millions de fidèles à travers le monde, majoritairement dans les pays anglophones.
La cérémonie de confirmation de son élection s’est tenue à la cathédrale Saint-Paul, au cœur de Londres. Conformément au rituel, Sarah Mullally a prononcé la formule solennelle par laquelle elle a accepté sa nomination. L’événement s’est déroulé en présence des évêques d’Angleterre, de représentants de la Cité de Londres, de membres du clergé et de nombreux fidèles venus assister à ce moment historique.
Bien que l’édifice n’ait pas affiché complet, l’émotion demeurait perceptible parmi l’assemblée. Plusieurs fidèles connaissaient déjà celle qui dirigeait le diocèse de Londres depuis huit ans. D’autres ont surtout retenu la portée symbolique de cette nomination, annonciatrice d’un changement notable pour la représentation des femmes dans l’institution anglicane
La cérémonie, essentiellement formelle, a suivi un protocole strict. La lettre de créance du roi Charles III a été lue devant l’assemblée, avant que la nouvelle archevêque ne prête serment. Aucun sermon n’a accompagné cette étape, qui constitue un préalable avant l’intronisation officielle prévue au mois de mars, avec les fastes et symboles traditionnels liés à la fonction.
Désormais à la tête de l’Église d’Angleterre, Sarah Mullally hérite d’une institution fragilisée. Les scandales liés aux abus sexuels et les divisions internes sur plusieurs questions sociétales ont profondément ébranlé la confiance des fidèles ces dernières années. L’ancienne infirmière se voit ainsi confier la mission délicate de restaurer l’image de l’Église et de renouer le dialogue au sein d’une communauté traversée par de fortes tensions.
Sa nomination arrive toutefois à un moment politiquement sensible. En décembre dernier, son nom avait été associé à une plainte relative à la gestion d’une accusation d’agression au sein du diocèse de Londres. Cette affaire qui remonte à 2020, concernait un échange de courriels jugé contraire au code de conduite du clergé. Le 8 janvier 2026, l’Église d’Angleterre a annoncé le classement sans suite de cette plainte, quelques semaines avant son accession au poste suprême.
