Nigéria : la Chambre des représentants ordonne la fermeture des sites pornographiques

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Nigéria Chambre des représentants

Au Nigéria, la Chambre des représentants a ordonné la fermeture des sites web hébergeant des contenus pornographiques. Cette initiative, présentée comme une mesure de protection des valeurs sociétales, soulève des inquiétudes quant à ses conséquences pour la liberté d’expression et les droits individuels.

Une initiative controversée

En effet, ce mardi 11 mars 2025, les législateurs ont adopté une motion demandant à la Commission nigériane des communications (NCC) de bloquer ces sites et d’imposer des sanctions aux fournisseurs de services internet non conformes.

Dalhatu Tafoki, député et instigateur de cette proposition, a dénoncé les effets préjudiciables de la pornographie sur les valeurs sociétales, les relations conjugales et la santé mentale. Il a appelé le Nigéria, pays majoritairement religieux, à suivre l’exemple de plusieurs nations d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient qui interdisent ces contenus.

Malgré des débats animés, la proposition a été adoptée, provoquant des réactions mitigées au sein de l’opinion publique et des professionnels du numérique.

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Les critiques des experts

Gbenga Sesan, directeur exécutif de Paradigm Initiative, a critiqué cette décision, la qualifiant de “priorité déplacée”. Selon lui, des initiatives similaires dans le passé ont conduit à des abus, notamment le blocage injustifié de sites web légitimes comme Naij.com en 2017.

Par ailleurs, Ejike Onyeaso, expert chez Adaba Consult, a également mis en garde contre les implications juridiques de cette mesure, en particulier son potentiel à violer les droits à la vie privée et à la liberté d’expression. Il a souligné que réglementer l’accès à des sites web, souvent consultés en privé, diffère considérablement des restrictions appliquées à des plateformes de diffusion publiques comme la télévision.

Une pente glissante ?

Cette initiative pourrait ouvrir la voie à des restrictions plus larges sur le contenu numérique, prévient Onyeaso. “Si nous commençons par la pornographie, qu’est-ce qui empêche le gouvernement de contrôler d’autres contenus, comme des opinions politiques ?” s’est-il interrogé.

De son côté, Muhammed Rudman, directeur général du point d’échange Internet, a exprimé des réserves quant à la pertinence de cette directive. “Une fois que vous commencez à censurer, cela peut rapidement mener à des violations des droits individuels”, a-t-il averti.

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