Chine : Pékin veut rémunérer les naissances

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Face à un recul historique des naissances, la Chine a annoncé, lundi 28 juillet, l’instauration d’une allocation annuelle de 420 euros par enfant de moins de trois ans. Objectif est de freiner la chute vertigineuse de la natalité, malgré la levée progressive des restrictions imposées par la politique de l’enfant unique.

Avec seulement 9,54 millions de naissances recensées en 2023, soit deux fois moins qu’en 2016, la Chine voit poindre un déséquilibre démographique majeur. D’ici 2050, quatre Chinois sur dix auront plus de 60 ans, une pression inédite sur le système social et productif.

Si le pays autorise depuis 2022 un nombre illimité d’enfants, le coût élevé de la vie et les inégalités professionnelles freinent fortement les projets parentaux. Élever un enfant jusqu’à 18 ans coûterait environ 70 000 euros, soit 6,3 fois le PIB par habitant. Ce qui place la Chine juste derrière la Corée du Sud parmi les pays les plus onéreux pour la parentalité.

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Pour de nombreuses Chinoises, avoir un enfant reste synonyme de perte d’opportunités professionnelles : rétrogradations, stagnation salariale et absence de promotions. « Avoir un enfant est un mauvais calcul financier », observe une étude relayée par Yangzi Wanbao en 2024.

Sur les réseaux sociaux, l’annonce gouvernementale suscite davantage de scepticisme que d’enthousiasme. « Ce sera peut-être utile pour les crèches, mais après trois ans, on fait quoi ? », interroge une mère de famille interrogée par France 24. Pour l’économiste Zhiwei Zhang, « les montants annoncés sont trop faibles pour infléchir significativement la natalité ou relancer la consommation des ménages ».

Au-delà de la Chine, The Economist estime que ce type de politique est « socialement rétrograde » et voué à l’échec. Pour ce média, payer les femmes pour enfanter ne suffira pas à renverser la tendance mondiale. La chute du taux de natalité s’explique, selon le journal britannique, par l’effondrement des naissances précoces chez les adolescentes issues de milieux modestes, bien plus que par l’activité professionnelle féminine.

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