L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé mercredi la « disparition forcée » du journaliste burkinabè Moussa Sareba, enlevé début août à Ouagadougou. Selon l’organisation, l’auteur de cette disparition demeure introuvable, et les autorités burkinabè n’ont fourni aucune information sur son sort.
Depuis le coup d’État de septembre 2022, qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, le régime militaire est régulièrement accusé de réprimer les voix considérées comme critiques ou hostiles.
Moussa Sareba, journaliste du média privé Fil Infos et administrateur de la page Facebook de Radio Oméga, avait publié fin juillet un article dans lequel il qualifie le régime de « junte ». Quelques jours plus tard, Radio Oméga avait été suspendue par le Conseil supérieur de la communication (CSC) pour trois mois. Et pour cause, le mot « junte » est jugé « offensant » envers les autorités.
« Son arrestation dans les locaux de son média et le silence autour de l’affaire démontrent une nouvelle fois la volonté des autorités de faire taire toute voix indépendante », a rappelé RSF dans un communiqué. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de l’ONG, a exigé la localisation immédiate du journaliste et sa libération.
D’après RSF, le 10 août, Moussa Sareba aurait reçu un appel d’un individu non identifié l’invitant à se rendre dans les locaux de Fil Infos. Sur place, plusieurs personnes se présentant comme des agents de la Direction générale de la police nationale (DGPN) lui auraient ordonné de les suivre.
Ils se seraient ensuite rendus à son domicile, dans le 11e arrondissement de Ouagadougou, où Sareba aurait récupéré son téléphone et son ordinateur, toujours sous escorte. Depuis, ses proches et collègues n’ont plus eu aucun contact avec lui.
Le journaliste Solomane Nikièma, auteur de la brève incriminée, avait lui été interpellé le 9 août et libéré dès le lendemain soir. RSF souligne par ailleurs que le pouvoir a récemment libéré plusieurs personnes enlevées ou arrêtées dans le cadre de la lutte antijihadiste, dont des journalistes, des leaders de la société civile et des proches de figures politiques.
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