Dans son discours à la Nation prononcé le mercredi 31 décembre à l’occasion du Nouvel An, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a livré un message sans ambiguïté sur la question des violences faites aux femmes. À la toute fin de son allocution, le chef de l’État a tenu à marteler qu’« aucune violence n’est tolérable dans la République », en particulier celles dirigées contre les femmes et les personnes les plus vulnérables.
Face à une recrudescence des féminicides et des violences conjugales, le président sénégalais a réaffirmé la détermination des autorités publiques à agir avec fermeté. « L’État poursuivra sans relâche la prévention, la protection des victimes et la sanction implacable des auteurs afin que la dignité, la sécurité et la vie soient garanties à toutes », a-t-il déclaré, sous les applaudissements d’une partie de l’opinion.
Cette déclaration fait suite à une série d’interpellations émanant de la société civile. Quelques jours auparavant, une tribune signée par une centaine de personnalités, dont de nombreuses militantes féministes, avait appelé le chef de l’État à engager une réforme profonde du Code de la famille. Les signataires réclament notamment une meilleure protection juridique des femmes ainsi qu’une reconnaissance explicite du féminicide dans le droit pénal sénégalais.
Selon ces organisations, plus de 17 femmes ont perdu la vie depuis le début de l’année 2025 dans un cadre conjugal ou familial. Un chiffre jugé largement sous-estimé, en effet, plusieurs cas échappent encore aux statistiques officielles. Les auteurs de la tribune dénoncent une banalisation des violences domestiques, souvent reléguées à la sphère privée et traitées comme des faits secondaires.
Pour les militantes, cette lecture demeure dangereuse, car elle masque un phénomène profondément enraciné dans des rapports sociaux inégalitaires. Elles appellent à une réponse politique forte, capable de rompre avec l’impunité et de garantir une protection effective des femmes.
Le message du président Diomaye Faye apparaît ainsi comme un signal politique attendu, à l’heure où la société sénégalaise réclame des actes concrets face à un fléau toujours meurtrier.
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