mercredi 7 janvier 2026

RDC : Kinshasa lance une vaste opération contre les « Kulunas »

À l’occasion des festivités de fin d’année, les autorités congolaises ont durci le ton face à l’insécurité urbaine à Kinshasa. Une vaste opération menée par les forces de sécurité a conduit à l’interpellation de plus de deux cents personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs violents, communément appelés « Kulunas ».

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, 241 individus ont été arrêtés entre le 23 et le 31 décembre 2025 dans la capitale congolaise. Cette opération d’envergure, baptisée « Ndobo », s’est déroulée dans six communes de Kinshasa, avec une concentration particulière d’arrestations à Masina, dans l’est de la ville.

Les autorités expliquent que cette mobilisation répond à une recrudescence habituelle de la criminalité durant les périodes festives. Dès le début du mois de décembre, le ministre de l’Intérieur avait appelé la police nationale à renforcer les dispositifs de sécurité afin de prévenir les actes de banditisme, les agressions et les violences nocturnes qui perturbent régulièrement la quiétude des habitants.

« Ndobo », qui signifie « hameçon » en lingala, ne constitue pas une initiative isolée. Lancée à Kinshasa à la fin de l’année 2024, l’opération a ensuite été étendue à plusieurs grandes villes du pays, notamment Lubumbashi, Matadi et Kenge. Elle cible en priorité les gangs urbains responsables de vols à main armée, de violences gratuites et d’actes de racket, souvent commis par de jeunes hommes armés de machettes.

Depuis le démarrage de cette campagne sécuritaire, plusieurs milliers de personnes ont été interpellées à travers le pays. Certaines ont déjà comparu devant des juridictions lors d’audiences foraines organisées sur place. Ces procédures ont débouché sur des condamnations sévères, dont des peines capitales prononcées par la justice congolaise. À ce jour toutefois, aucune exécution n’a été officiellement signalée.

Si les autorités défendent une politique de fermeté pour restaurer l’ordre public, des organisations de défense des droits humains continuent d’exprimer leurs inquiétudes concernant le respect des procédures judiciaires et des droits des personnes arrêtées. À Kinshasa, la lutte contre les « Kulunas » reste ainsi au cœur d’un débat sensible entre impératif sécuritaire et garanties fondamentales.

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