L’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines, dans la nuit du 2 au 3 janvier, redéfinit durablement les rapports entre Washington et l’Amérique latine. Accusé par les États-Unis de se maintenir illégalement au pouvoir et d’entretenir des liens avec le narcotrafic, le chef de l’État vénézuélien se retrouve désormais aux mains de la justice américaine, une première depuis l’invasion du Panama en 1989.
L’opération, menée à Caracas par des unités spéciales, a abouti à l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse, dans un climat de fortes tensions diplomatiques et de sanctions accumulées depuis plusieurs années. Les autorités américaines évoquent des poursuites pour « narcoterrorisme » et importation de cocaïne sur le sol américain, des accusations que Caracas a toujours rejetées.
Lors d’une conférence de presse tenue à Mar-a-Lago, Donald Trump a présenté la situation comme un « succès total » et élargi son propos à d’autres dirigeants régionaux. Le président américain a directement mis en cause son homologue colombien Gustavo Petro, qu’il accuse de fermer les yeux sur la production et l’exportation de cocaïne. Des propos perçus comme une mise en garde explicite. « Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe à ses fesses », a-t-il affirmé.
En effet, Cuba figure également parmi les pays sous surveillance de l’administration Trump. « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », a déclaré de son côté le secrétaire d’État Marco Rubio. A l’en croire, le pays était une « catastrophe » et « dirigé par des hommes incompétents et séniles ».
Mais selon plusieurs analystes, cette démonstration de force reste toutefois difficilement reproductible en Colombie. Et pour cause, le succès de l’opération vénézuélienne repose largement sur l’effet de surprise et sur des circonstances spécifiques. Une extension de ce type d’action impliquerait aussi un débat politique interne aux États-Unis, le Congrès devant désormais être associé à toute intervention prolongée.
Si le message américain cherche à dissuader, il amplifie également les inquiétudes dans une région qui conserve une méfiance historique envers les ingérences extérieures. L’équilibre géopolitique latino-américain risque d’entrer dans une phase d’instabilité plus forte.
Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici.
