Le président vénézuélien Nicolas Maduro a passé sa première nuit en détention aux États-Unis après une opération militaire américaine menée dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier à Caracas. Cette intervention qui s’est traduite par des bombardements ciblés dans la capitale vénézuélienne, a conduit à la capture du chef de l’État et de son épouse, Cilia Flores, puis à leur transfert par avion vers le territoire américain.
Dès l’annonce de l’opération, le président américain Donald Trump a confirmé la présence du couple Maduro aux États-Unis. Lors d’une conférence de presse tenue depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, le locataire de la Maison Blanche a affirmé que Washington assurerait provisoirement la direction du Venezuela, jusqu’à l’installation d’un pouvoir issu d’une transition politique jugée « sûre ».
Selon des médias américains, l’avion transportant Nicolas Maduro a atterri sur une base militaire de la région de New York avant un transfert sous forte escorte vers le Metropolitan Detention Center de Brooklyn. Des images diffusées par la presse montrent le président vénézuélien menotté, entouré de nombreux agents fédéraux, notamment de la Drug Enforcement Administration (DEA). Il a ensuite rejoint son lieu de détention sous surveillance renforcée.
Les autorités judiciaires américaines ont confirmé l’existence de poursuites engagées depuis plusieurs années contre Nicolas Maduro. Le dirigeant vénézuélien fait face à plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels des faits qualifiés de narcotrafic et de narcoterrorisme. L’acte d’accusation, initialement émis en 2020 lors du premier mandat de Donald Trump, a fait l’objet d’une mise à jour récente. Une première comparaison devant un tribunal fédéral de New York devrait intervenir rapidement.
À Caracas, les conséquences institutionnelles de l’absence du président se sont imposées sans délai. La chambre constitutionnelle de la Cour suprême vénézuélienne a confié l’intérim du pouvoir exécutif à la vice-présidente Delcy Rodriguez. Dans un communiqué officiel, la haute juridiction a évoqué la nécessité d’assurer la continuité administrative de l’État et la préservation de la souveraineté nationale dans un contexte qualifié d’exceptionnel.
Sur le plan international, les réactions se multiplient. Plusieurs capitales s’interrogent sur la égalité de l’intervention américaine. En Russie, les autorités dénoncent un acte d’agression armée et une violation manifeste du droit international. La Chine appelle à la libération immédiate de Nicolas Maduro et plaide pour une résolution de la crise par la voie diplomatique. En Amérique latine, des manifestations ont eu lieu, notamment au Mexique, où des centaines de personnes ont dénoncé l’ingérence américaine dans les affaires vénézuéliennes.
Aux États-Unis, la presse et plusieurs juristes s’interrogent également sur le cadre juridique de cette opération militaire et sur ses implications pour l’ordre international. Tandis que Washington affirme agir au nom de la justice et de la lutte contre le narcotrafic, l’avenir politique du Venezuela demeure incertain, dans l’attente d’éclaircissements sur la transition annoncée par l’administration Trump.
