mercredi 7 janvier 2026

Fin des squats en Italie : Giorgia Meloni adopte une loi sévère

L’Italie vient d’adopter une loi qui accélère les expulsions et renforce les peines de prison pour les squatteurs, dans le cadre du « décret sécurité » porté par le gouvernement de Giorgia Meloni. Le texte crée un délit spécifique de squat et prévoit l’évacuation quasi immédiate des logements occupés.

Une nouvelle loi « anti-squat »

Le Sénat italien a approuvé en juin 2025 le « décret sécurité », transformant en loi un texte déjà validé par la Chambre des députés. Le vote a enregistré 109 voix pour, 69 contre et une abstention.

Le décret modifie le code pénal et le code de procédure pénale afin de réprimer plus sévèrement l’occupation illégale de logements, aux côtés d’autres infractions liées à l’ordre public, comme le blocage de routes, les actions militantes et les violences en prison.

Expulsions rapides et quasi-immédiates

La mesure centrale est une procédure d’expulsion accélérée. En cas de signalement de squat, la police judiciaire doit intervenir immédiatement lorsqu’il s’agit de la résidence principale d’un propriétaire, sans attendre la conclusion complète de la procédure pénale.

Un nouvel article de procédure (321-bis) permet au juge d’ordonner l’évacuation par simple décret motivé, y compris en phase préliminaire, avec exécution par les forces de l’ordre dans des délais resserrés, parfois en quelques jours.

Peines de prison durcies pour les squatteurs

La loi introduit un article dans le code pénal (634-bis) qui punit l’occupation illégale d’un domicile d’autrui, commise par violence, menace ou tromperie, de peines pouvant atteindre sept ans de prison.

Le dispositif cible également ceux qui tirent un avantage économique ou personnel du squat, tels que les intermédiaires ou réseaux d’occupation, avec des sanctions aggravées.

Position du gouvernement et réactions critiques

Giorgia Meloni défend la loi comme un moyen de rétablir la « légalité » et de protéger la propriété privée. Elle a affirmé que « ceux qui entrent sans titre sortent sans compromis ».

Les ONG, l’opposition et plusieurs juristes dénoncent en revanche un texte dangereux pour les libertés, en raison de la création de nouveaux délits et du durcissement général des peines, notamment pour les militants bloquant routes ou voies ferrées.

Enjeux sociaux et questions ouvertes

Le gouvernement affirme distinguer les « occupations illégales » des « véritables urgences du logement » et promet de renforcer les aides au loyer et à l’habitat social pour les familles en difficulté.

Les associations soulignent toutefois que l’absence de mesures de régularisation pour les squatteurs risque d’augmenter le nombre de personnes sans abri, sans apporter de solution structurelle à la crise du logement dans plusieurs grandes villes italiennes.

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