samedi 10 janvier 2026

Pourquoi le Groenland est au cœur des priorités géopolitiques de Donald Trump ?

Depuis la capture de Nicolás Maduro, la question du Groenland est revenue en force dans le discours stratégique de Washington. Le président américain a déclaré à plusieurs reprises l’importance de l’île arctique, non seulement sur le plan militaire, mais aussi géopolitique et économique, dans un contexte de concurrence accrue avec la Russie et la Chine.

Officiellement, cette attention s’inscrit dans une logique de sécurité nationale. Le Groenland occupe une position stratégique dans l’Arctique, à la croisée des routes aériennes et maritimes entre l’Amérique du Nord et l’Europe, et constitue un point clé pour la surveillance et la défense contre d’éventuelles actions militaires adverses. L’île abrite notamment la base américaine de Pituffik, qui joue un rôle central dans les systèmes de détection précoce des missiles.

Au-delà de cet aspect, Washington voit dans le Groenland un moyen d’anticiper l’expansion russe et chinoise dans l’Arctique. Depuis plusieurs années, Moscou et Pékin multiplient leurs activités dans la région, que ce soit par des exercices militaires conjoints ou par des investissements dans les infrastructures et les ressources minérales locales, y compris les métaux rares essentiels pour les technologies modernes.

Dans cette optique, l’administration Trump explore des moyens de créer un rapprochement progressif avec le Groenland. Ce plan n’a rien d’anodin. Il inclut, selon des révélations de médias internationaux, une proposition dite de « dividende » consistant à proposer des avantages économiques directs à la population locale en échange d’une coopération plus étroite avec les États-Unis.

L’idée serait de remplacer une partie de l’aide fournie par le Danemark (estimée à quelque 600 millions de dollars) par des versements plus substantiels aux Groenlandais, financés notamment par la mise en valeur des ressources naturelles (uranium, hydrocarbures, terres rares) de l’île.

Les autorités américaines étudient aussi officiellement plusieurs options pour obtenir davantage de contrôle sur le Groenland, y compris par la voie diplomatique ou économique, et « l’utilisation de l’armée reste une option à la disposition du président », selon une porte-parole de la Maison Blanche.

Cette stratégie vise moins une annexion pure et simple qu’une transformation progressive du lien entre le Groenland, le Danemark et les États-Unis, en tirant parti d’un sentiment d’insatisfaction locale vis-à-vis de Copenhague et de la perspective d’un développement économique plus direct pour les Groenlandais eux-mêmes.

Pour information, le Groenland est une région autonome au sein du Royaume de Danemark et dispose du droit de décider de son avenir politique, y compris par référendum. Les experts estiment que l’idée d’un rattachement aux États-Unis suscite une forte opposition chez une majorité de Groenlandais, qui souhaitent avant tout conserver leur souveraineté ou viser l’indépendance.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires