Le Soudan franchit ce 9 janvier 2026 le cap des 1 000 jours de guerre sans qu’aucune issue ne se dessine. Depuis avril 2023, les Forces armées soudanaises du général Abdel Fattah al-Burhan affrontent les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général Mohammed Hamdane Dogolo, dit Hemetti, dans une lutte acharnée pour le contrôle du pays.
Le conflit plonge le Soudan dans l’une des pires crises humanitaires actuelles. Les agences internationales recensent près de 12 millions de déplacés internes et plus de 4 millions de réfugiés dans les pays voisins. Le nombre de morts reste inconnu, mais plusieurs dizaines de milliers de victimes sont évoquées par les organisations humanitaires et les centres de recherche.
Sur le terrain, le pays demeure coupé en deux. L’armée régulière contrôle l’est et le sud-est, avec une administration installée à Port-Soudan, sur la mer Rouge. Khartoum reste sous contrôle militaire depuis plusieurs mois, mais sa reconstruction tarde. Les FSR dominent pour leur part l’ouest et le sud-ouest, avec un centre de commandement établi à Nyala, au Darfour Sud.
Depuis la prise d’El-Fasher en octobre 2025, les paramilitaires contrôlent l’ensemble du Darfour. La ligne de front se déplace désormais vers le Kordofan, une région stratégique sur les plans militaire et économique. Cette zone concentre d’importantes ressources agricoles, des mines d’or et les principaux champs pétroliers du pays. La prise du site pétrolier de Heglig, début décembre, renforce la position des FSR.
Au Kordofan, la situation humanitaire se détériore rapidement. El-Obeid, centre opérationnel de l’armée, se retrouve encerclée. Les frappes de drones se multiplient, provoquant des morts civiles et des coupures d’électricité. La population redoute un scénario similaire à celui d’El-Fasher, où le bilan humain demeure incertain.
Sur le plan diplomatique, les efforts de médiation n’aboutissent pas. Les initiatives du Quad, menées par les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte, se heurtent au refus des parties. Le général al-Burhan exige un retrait préalable des FSR, tandis que les accusations visant Abou Dhabi bloquent les discussions.
Après 1 000 jours de combats, le Soudan s’enfonce dans une crise prolongée, sans cessez-le-feu en vue et avec une population civile toujours plus exposée.
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