À Cúcuta, ville colombienne située à la frontière avec le Venezuela, l’incertitude règne parmi les réfugiés vénézuéliens après la capture de l’ancien président Nicolás Maduro par les États-Unis. Si certains envisagent de rentrer au pays, d’autres (comme Ana, restauratrice de 43 ans) restent très réticents à franchir ce pas.
Ana vit en Colombie depuis plus de huit ans, après avoir quitté le Venezuela suite à une fausse couche dans un contexte où elle ne pouvait pas se procurer de médicaments adéquats. Malgré la chute de Maduro, qui a ravivé l’espoir de changement dans l’opinion de nombreux exilés, elle refuse de rentrer. Elle affirme avoir construit une vie en Colombie, où elle a travaillé dur pour se stabiliser, et dit craindre le choc d’un retour face à un pays qu’elle imagine toujours en difficulté, notamment au niveau économique et des infrastructures.
Ana garde cependant des liens étroits avec sa famille restée au Venezuela. Elle les appelle quotidiennement, mais évite les conversations politiques pour préserver sa santé mentale, qu’elle juge fragile lorsqu’elle aborde ce sujet. Pour l’instant, elle envisage un retour au Venezuela seulement pour des vacances, tant elle redoute la confrontation avec la réalité du pays.
Depuis la capture de Maduro, le débat sur un éventuel retour a animé la diaspora vénézuélienne dans de nombreuses villes du monde. Dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe, des groupes d’exilés ont célébré ce qu’ils considèrent comme une étape vers la liberté et le changement, certains exprimant leur souhait de rentrer chez eux « quand les choses seront plus claires ».
Pour l’heure, la possibilité d’un retour massif reste incertaine. En Colombie, qui accueille déjà près de 2,8 millions de Vénézuéliens, les autorités se préparent à toute évolution, y compris un afflux potentiel de migrants. Mais beaucoup d’exilés comme Ana préfèrent conserver leur stabilité acquise à l’étranger plutôt que de prendre le risque d’un retour immédiat dans un contexte d’instabilité politique et économique.
