Lors d’une récente visite de terrain à Yaoundé, le ministre camerounais de la Santé publique, Dr Manouda Malachie, a été témoin d’une scène inattendue. En pleine tournée de contrôle des formations sanitaires, le membre du gouvernement a découvert l’absence prolongée d’un chirurgien-dentiste au sein d’un établissement privé pourtant bien équipé.
Le ministre s’est rendu à la Polyclinique Ottou, située dans la capitale, dans le cadre de sa campagne de sensibilisation et d’évaluation des structures sanitaires. L’inspection s’est déroulée sans incident notable jusqu’à son passage au service de chirurgie dentaire. Les équipements disponibles répondaient aux standards requis, mais un élément essentiel manquait : le praticien en charge du service.
Face à cette situation, le Dr Manouda Malachie a immédiatement demandé des explications. La réponse est venue du médecin-chef et propriétaire de la polyclinique, Ornella Ottou. Avec une certaine réserve, elle a indiqué que le chirurgien-dentiste avait quitté le Cameroun depuis près de deux mois pour s’installer au Canada.
Cette information a déclenché une réaction immédiate du ministre. Il a parlé des conditions de travail et de rémunération, laissant entendre que le départ du praticien était lié à un problème salarial. Ses commentaires ont relancé le débat fréquent au Cameroun sur la fuite des professionnels de santé vers d’autres pays.
Médecins, infirmiers et spécialistes quittent régulièrement le pays à la recherche de meilleures perspectives professionnelles, de revenus plus attractifs et de conditions d’exercice jugées plus favorables. Ce phénomène fragilise un système de santé déjà confronté à des défis structurels importants, malgré des efforts d’équipement visibles dans certaines structures, publiques comme privées.
La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué de nombreuses réactions. Certains internautes ont souligné le contraste entre la qualité des infrastructures et l’absence de personnel qualifié. D’autres ont appelé les autorités à engager des réformes concrètes afin de freiner l’exode des compétences médicales.
Si l’épisode prête à sourire par son caractère inattendu, il met en exergue une réalité préoccupante. Après le secteur éducatif, le domaine de la santé subit à son tour les conséquences d’un malaise profond. La question reste entière face aux salaires insuffisants, aux conditions de travail difficiles et au manque de perspectives. Tous ces facteurs éloignent encore des compétences indispensables au bon fonctionnement du pays.
