mardi 13 janvier 2026

Corée du Sud : la peine de mort requise contre l’ex-président Yoon Suk Yeol

La justice sud-coréenne a franchi un cap majeur ce mardi 13 janvier. Le parquet spécial a requis la peine de mort contre l’ancien président Yoon Suk Yeol, poursuivi pour avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024. Une accusation d’une gravité exceptionnelle, qui place l’ex-chef de l’État face à l’une des sanctions les plus lourdes prévues par le droit sud-coréen.

Selon l’agence Yonhap, les procureurs ont qualifié Yoon Suk Yeol de « meneur de l’insurrection », un crime passible de la peine capitale en Corée du Sud, même si le pays n’a procédé à aucune exécution depuis 1997. L’audience de ce mardi marque une étape décisive du procès principal ouvert en février 2025 à Séoul. Elle doit permettre à l’ancien dirigeant, âgé de 65 ans, de livrer sa dernière déclaration avant la mise en délibéré. Le verdict est attendu pour le mois de février.

Les faits reprochés remontent à la soirée du 3 décembre 2024. Ce soir-là, Yoon Suk Yeol avait créé un choc national en annonçant à la télévision l’instauration de la loi martiale. Des unités militaires avaient été déployées autour du Parlement dans l’objectif d’en bloquer le fonctionnement. Quelques heures plus tard, le président avait dû reculer, après que des députés, malgré le dispositif sécuritaire, avaient réussi à entrer dans l’hémicycle et à voter la suspension du décret.

L’ancien procureur général comparaît aux côtés de sept autres accusés, dont son ex-ministre de la Défense et l’ancien chef de la police nationale. La défense tente de démontrer le caractère politique du procès. Les avocats de Yoon Suk Yeol ont invoqué des précédents historiques. Pour la défense, la vérité ne se confond pas nécessairement avec l’opinion dominante et sert à remettre en cause l’interprétation des faits avancée par l’accusation.

Yoon Suk Yeol avait justifié son initiative par le blocage du budget par un Parlement dominé par l’opposition. Il avait également évoqué une menace supposée de forces nord-coréennes et la nécessité de préserver l’État. Des arguments rejetés par ses détracteurs, qui y ont vu une dérive autoritaire sans précédent depuis la fin des dictatures militaires des années 1980.

Arrêté en janvier 2025, puis destitué officiellement en avril par la Cour constitutionnelle, l’ex-président reste au cœur de plusieurs procédures judiciaires. Une condamnation pour insurrection ferait de lui le troisième ancien président sud-coréen sanctionné pour un tel crime, dans un pays encore marqué par les cicatrices de son histoire politique.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires