Longtemps présentée comme une alternative aux puissances occidentales, la Chine est devenue le principal acteur du secteur minier africain. Son influence croissante soulève des interrogations sur la nature réelle de cette relation et sur les bénéfices pour les pays africains concernés.
Dans plusieurs États, les entreprises chinoises contrôlent des gisements stratégiques essentiels à la transition énergétique mondiale. En République démocratique du Congo (RDC), le cobalt, utilisé dans les batteries électriques, est devenu un levier majeur de l’influence chinoise. En une quinzaine d’années, Pékin a pris le contrôle de la majorité des mines industrielles et limite l’accès à cette ressource clé pour d’autres acteurs internationaux.
Le contrat Sicomines révèle bien cette dynamique. Présenté initialement comme un échange équilibré entre infrastructures et minerais, il a surtout généré une dette colossale et des retombées économiques limitées pour la population congolaise. Face à ce constat, les autorités congolaises ont engagé une renégociation.
En Guinée, la situation est similaire. Premier fournisseur de bauxite pour la Chine, le pays voit ses ressources quitter le territoire à l’état brut, sans réelle industrialisation locale. Les bénéfices économiques restent concentrés, tandis que les coûts environnementaux et sociaux, eux, sont supportés par les populations locales.
Au Ghana, l’implication de ressortissants chinois dans l’orpaillage illégal, connu sous le nom de galamsey, a provoqué une crise environnementale majeure. Rivières polluées, terres agricoles détruites et tensions diplomatiques témoignent des dérives d’une exploitation mal encadrée et d’un contrôle limité des autorités locales sur leurs propres ressources.
Au-delà des chiffres et des contrats, c’est la question de la souveraineté économique qui se pose. Les États africains disposent-ils encore d’une réelle marge de manœuvre face à un partenaire devenu incontournable ? Si certains tentent d’imposer des exigences de transformation locale ou de rééquilibrer les accords, la dépendance financière et commerciale complique toute remise en cause profonde.
La présence chinoise en Afrique, bien qu’associée à des investissements massifs et à des projets d’infrastructures, s’accompagne donc d’une série de défis. Entre contrôle des ressources stratégiques, impacts environnementaux et déséquilibres économiques, les pays africains doivent naviguer avec prudence pour préserver leurs intérêts et éviter que leur développement ne reste subordonné à une puissance étrangère.
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