vendredi 16 janvier 2026

Venezuela : Delcy Rodriguez annonce une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole

Moins de deux semaines après l’opération militaire américaine qui a conduit à l’enlèvement du président Nicolas Maduro, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a présenté jeudi 15 janvier devant l’Assemblée nationale un projet de « réforme partielle » de la loi sur le pétrole. Dans son discours sur l’état de la nation, elle n’a pas détaillé le contenu exact du texte, mais a brandi un dossier rouge devant les élus pour les pousser à approuver cette réforme.

Le secteur pétrolier vénézuélien, nationalisé depuis 1976 et principal pilier économique du pays, souffre de décennies de mauvaise gestion et d’infrastructures vieillissantes. Avec les plus grandes réserves mondiales, estimées à 303 221 millions de barils selon l’Opep, le Venezuela devance l’Arabie saoudite et l’Iran. Malgré une reprise progressive depuis un plus bas historique de 350 000 barils par jour en 2020, la production nationale reste encore faible par rapport au potentiel du pays, atteignant environ 1,2 million b/j en 2026.

Cette réforme survient alors que la présidente par intérim a signé plusieurs accords pétroliers avec les États-Unis, visant à faciliter la vente de brut aux sociétés américaines. Selon la Maison Blanche, Donald Trump entend superviser directement l’exploitation et les revenus issus de ces ventes, excluant toute négociation avec Caracas. La semaine dernière, il a annoncé que 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien sous sanctions seraient livrés aux États-Unis, soit l’équivalent d’un à deux mois de production.

Les géants pétroliers américains sont encouragés à investir massivement dans le pays pour réhabiliter les infrastructures et exploiter de nouveaux gisements. Donald Trump a évoqué des investissements potentiels d’ « au moins 100 milliards de dollars », mais certains groupes, comme ExxonMobil, se montrent prudents. Ce dernier juge la situation actuelle trop incertaine pour des engagements financiers.

Parallèlement, le gouvernement américain a pris des mesures pour protéger les avoirs vénézuéliens sur son territoire, notamment les revenus pétroliers, afin d’éviter toute saisie par des tribunaux ou des créanciers. Le modèle de coopération envisagé ressemble à celui accordé à Chevron, qui bénéficie d’une licence spéciale pour opérer au Venezuela malgré les sanctions.

Avec cette réforme et le contrôle direct des exportations par les États-Unis, le Venezuela, pays historiquement dépendant de son pétrole, voit son secteur stratégique être encadré par des acteurs étrangers, dans un contexte où la population et le gouvernement national ont un rôle limité dans la gestion des ressources.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires