samedi 17 janvier 2026

Mali : Bamako tape fort sur le célèbre journal Jeune Afrique

Le bras de fer s’intensifie entre les autorités maliennes et le journal Jeune Afrique (JA). Dans un communiqué officiel, le gouvernement du Mali a vivement mis en cause le média panafricain, qu’il accuse de diffuser des « accusations fallacieuses et subversives » liées à la récente crise d’approvisionnement en hydrocarbures dans le pays. Bamako reproche également au journal une supposée « apologie du terrorisme », ainsi que des propos jugés attentatoires à la cohésion nationale.

Selon les autorités, certains articles de Jeune Afrique véhiculent des « allégations d’exactions contre une partie de la population » attribuées aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le gouvernement estime que ces publications portent atteinte à l’image des autorités de transition et contribuent à nourrir un climat de défiance. Il évoque en outre des faits de « diffamation » et d’« incitation à la haine », sans toutefois fournir de détails précis sur les passages incriminés.

Sous la direction du général Assimi Goïta, le Mali se trouve confronté depuis 2012 à une crise profonde, caractérisée par les violences perpétrées par des groupes jihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l’organisation État islamique (EI), ainsi que par l’action de groupes armés criminels à caractère communautaire.

À l’automne dernier, le pays avait traversé une grave pénurie de carburant. En octobre et novembre, le JNIM avait imposé un blocus sur plusieurs axes stratégiques et perturbé fortement l’acheminement des hydrocarbures vers les grandes villes, dont Bamako. Cette situation avait entraîné des files d’attente interminables dans les stations-service et paralysé une partie de l’activité économique.

C’est dans ce contexte que Jeune Afrique a publié, jeudi, un article intitulé : « Crise du carburant au Mali : pourquoi Assimi Goïta ne parvient à sortir de l’ornière ». Le journal y analyse les réponses apportées par les autorités militaires face à la pénurie et s’interroge sur leur efficacité. L’article évoque notamment un « dispositif sécuritaire coûteux et difficilement soutenable » mis en place pour escorter les convois de carburant à travers des zones à haut risque.

Pour le gouvernement malien, ces analyses dépassent le cadre du journalisme critique et s’inscrivent dans une logique de déstabilisation. Cette nouvelle passe d’armes réflète la dégradation des relations entre les autorités de transition et une partie de la presse internationale, dans un Mali où la question de l’information demeure hautement sensible.

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