lundi 19 janvier 2026

Présidentielle au Portugal : l’extrême droite progresse, mais la victoire reste hors de portée

Les Portugais se sont rendus aux urnes ce dimanche 18 janvier 2026 pour le premier tour de l’élection présidentielle, lequel a été caractérisé par une fragmentation sans précédent de l’offre politique. Onze candidats se disputent la magistrature suprême, un record dans un pays où le président ne dispose pas officiellement du pouvoir exécutif. Pourtant, cette élection suscite une attention particulière, notamment en raison de la montée en puissance du candidat d’extrême droite André Ventura.

Président du parti Chega, Ventura figure parmi les favoris pour accéder au second tour prévu le 8 février, selon les derniers sondages. À 43 ans, le député pourrait même arriver en tête du premier tour. Toutefois, ses chances de l’emporter au second tour apparaissent très faibles. « Le plafond de verre fonctionne encore très fortement au Portugal », analyse Yves Léonard, historien spécialiste du pays et chercheur associé à l’université de Rouen-Normandie.

Contrairement à une idée répandue, la fonction présidentielle portugaise conserve un poids politique réel. Le président sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, a largement exploité ses prérogatives, notamment le droit de dissolution du Parlement et le veto suspensif sur les lois. Cette pratique a contribué à renforcer la dimension semi-présidentielle du régime et à médiatiser la fonction, ce qui ouvre la voie à une présidentialisation accrue du système politique.

Dans ce contexte, la scène politique portugaise connaît une recomposition progressive. Les deux formations traditionnelles, le Parti socialiste et le Parti social-démocrate, dominantes depuis plus de quatre décennies, voient leur base électorale s’éroder. Cette évolution favorise l’émergence de forces contestataires, dont Chega constitue l’exemple le plus édifiant.

Issu du PSD, André Ventura a rompu avec son parti d’origine pour fonder Chega en 2019. Ancien commentateur sportif et juriste de formation, il s’est rapidement imposé comme une figure médiatique. Son discours s’appuie sur des thèmes sécuritaires, anti-immigration et identitaires, tout en convoquant une certaine nostalgie du passé salazariste. Sans revendiquer ouvertement la dictature, il en reprend certains codes symboliques, adaptés aux formats des réseaux sociaux.

Pour l’historien Yves Léonard, l’objectif principal de Ventura ne réside pas dans une victoire immédiate. L’enjeu consiste plutôt à s’installer durablement dans le paysage politique et à renforcer la légitimité de Chega, devenu récemment la deuxième force parlementaire du pays.

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