Autrefois réservée à la chirurgie réparatrice, la chirurgie esthétique du p3nis séduit de plus en plus d’hommes qui souhaitent modifier la taille de leur organe. Cette demande, alimentée par les normes sociales et médiatiques, soulève des questions sur les limites entre désir esthétique et risques médicaux.
Une pratique en hausse
Selon la Docteure Charlotte Methorst, urologue spécialisée en chirurgie esthétique, les interventions d’agrandissement pénien ont connu une progression notable au cours de la dernière décennie. L’International Society of Aesthetic Plastic Surgery rapporte 15 414 actes réalisés dans le monde, l’Allemagne représente 18 % du total. En France, le nombre exact reste difficile à établir, faute de registre national et de multiplicité des techniques.
Un sondage auprès de 5 000 hommes révèle que 12 % estiment leur p3nis petit et que 36 % souhaitent une taille plus importante, même si 55 % se situent dans la moyenne.
Entre micropénis et dysmorphophobie
La longueur « normale » d’un pénis en érection se situe entre 9 et 10 cm, et 4 cm au repos. Le micropénis concerne 0,6 % des hommes et justifie parfois une intervention médicale. En revanche, la dysmorphophobie du pénis (perception d’un pénis trop petit malgré des dimensions normales) toucherait environ 10 % des hommes. Dans ce cas, les spécialistes recommandent d’abord un accompagnement psychologique plutôt qu’une chirurgie.
Les indications médicales strictes
La chirurgie est réservée aux cas médicaux avérés : micropénis fonctionnellement problématique, pénis enfoui à cause de surpoids, ou reconstruction post-traumatique. « Si le p3nis est fonctionnel (droit, long, rigide pour la p3nétration) la chirurgie comporte trop de risques », insiste le Dr Lucas Freton, urologue au CHU de Rennes.
Techniques et risques
Plusieurs méthodes sont disponibles :
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Section du ligament suspenseur : peut allonger le pénis de 1 à 3 cm, mais risque d’instabilité lors de la pénétration et complications liées aux cordons et branches vasculo-nerveuses.
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Lipofilling (injection de graisse autologue) : gain en largeur, parfois léger allongement, mais rigidité érectile parfois réduite ; complications possibles dans 49 % des cas.
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Injection d’acide hyaluronique : allongement moyen de 1,4 à 3,78 cm, réversible grâce à la hyaluronidase.
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Plasties et autres techniques combinées : incisions, prélèvements et liposuccion sus-pubienne, résultats variables et dépendants de l’expérience du chirurgien.
Prudence face aux pratiques non réglementées
Les injections de silicone ou d’autres produits (paraffine…) peuvent provoquer infections graves, déformations, nécrose et nécessiter des chirurgies lourdes de réparation. Les experts mettent en garde contre ces pratiques non encadrées, soulignant que les complications peuvent être irréversibles et affecter la fonction sexuelle.
En résumé, l’agrandissement pénien reste un sujet complexe, où désir esthétique et risques médicaux doivent être soigneusement évalués. Les spécialistes recommandent une consultation approfondie et, dans les cas non médicaux, une prise en charge psychologique plutôt qu’une chirurgie à risque.
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