La crise institutionnelle de décembre 2024 en Corée du Sud entre dans une phase judiciaire décisive avec la condamnation ce mercredi 21 janvier 2026, de l’ancien Premier ministre Han Duck-soo à 23 ans de prison par un tribunal de Séoul pour son implication dans la tentative avortée d’instauration de la loi martiale.
Âgé de 76 ans, l’ex-chef du gouvernement a été reconnu coupable d’avoir failli à ses obligations constitutionnelles au moment où le président conservateur Yoon Suk-yeol avait décrété la suspension du pouvoir civil. Une décision qualifiée par la cour de tentative qui a pour but de « renverser l’ordre constitutionnel ».
La peine prononcée dépasse largement les 15 années de prison requises par le parquet. Elle traduit la gravité des faits retenus par les juges. Dans son verdict, le juge Lee Jin-gwan, du tribunal du district central de Séoul, a estimé que Han Duck-soo « a manqué jusqu’au bout à son devoir et à sa responsabilité en tant que Premier ministre », notamment en s’abstenant de toute opposition institutionnelle face à un décret jugé illégal.
Selon l’accusation, l’ancien Premier ministre avait connaissance des intentions présidentielles et n’a entrepris aucune démarche pour empêcher la mise en œuvre d’un dispositif exceptionnel portant atteinte aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs. Cette passivité a été interprétée comme une complicité politique dans une manœuvre attentatoire à l’État de droit.
La tentative de loi martiale, annoncée en décembre 2024, avait provoqué une onde de choc dans le pays, entraînant des manifestations massives et une mobilisation immédiate de la société civile. Le projet avait finalement échoué face à la résistance des institutions judiciaires et parlementaires, mais il a ouvert l’une des crises politiques les plus graves de l’histoire récente du pays.
Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici.
