vendredi 23 janvier 2026

Ouganda : l’opposant Bobi Wine en fuite encourage la désobéissance civile

Une semaine après l’élection présidentielle en Ouganda, officiellement remportée par le président sortant Yoweri Museveni, la contestation reste vive. Principal opposant du scrutin, Bobi Wine rejette catégoriquement les résultats et affirme que le pays subit une répression intense. Dans un entretien accordé à RFI, l’ancien chanteur devenu figure politique déclare se trouver en fuite, évoque les violences ciblant ses partisans et appelle la population à se mobiliser de manière pacifique.

Selon Bobi Wine, sa situation personnelle reste extrêmement précaire. Il indique que l’armée le poursuit sans motif et précise que sa famille demeure encerclée par les forces de sécurité.

Le leader du Plateforme d’Unité Nationale qualifie la situation de massacre silencieux. Il avance des chiffres faisant état de plus d’une centaine de morts à travers le pays depuis le scrutin du 15 janvier. L’opposant dénonce également des arrestations arbitraires de plusieurs cadres de son parti, dont trois vice-présidents, interpellés avant ou après le vote et dont certains restent introuvables.

Bobi Wine revient également sur les événements survenus le jour de l’élection dans le district de Butambala, où dix personnes proches de l’opposition ont été tuées dans la résidence du député Muhammad Muwanga Kivumbi. Selon lui, la majorité des victimes étaient des femmes chargées de compiler les résultats électoraux provenant des bureaux de vote. Ces personnes n’étaient ni armées ni impliquées dans des actes violents.

L’opposant affirme disposer de preuves de fraudes électorales massives. Il mentionne des vidéos montrant des membres des forces de sécurité et des agents électoraux pré-cochant des bulletins en faveur du président sortant.

Bobi Wine refuse tout recours devant les tribunaux de son pays qu’il juge sous influence du pouvoir. Il appelle donc la population à une désobéissance civile pacifique et propose des formes de protestation innovantes pour exercer une pression sur le régime. Selon lui, l’urgence ne concerne pas les échéances électorales futures, mais le rétablissement immédiat de la démocratie.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires