dimanche 25 janvier 2026

Togo : l’extradition de Damiba vivement critiquée par un ancien ministre malien

L’extradition de l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba continue de susciter des réactions. Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre malien de la Justice, a formulé une critique sévère de la procédure togolaise, qu’il juge « opaque » et défaillante face à un dossier à forte dimension politique.

Dans une analyse publiée sur LinkedIn, l’avocat et ancien Garde des Sceaux du Mali s’en prend directement au communiqué du gouvernement togolais qui justifie l’extradition de l’ancien chef de la transition burkinabè. Il le qualifie de texte « aussi déroutant que l’arrestation elle-même ». Selon lui, Lomé présente de façon confuse une affaire qu’il considère fondamentalement politique, déguisée en simple procédure de droit commun.

L’ancien ministre malien relève plusieurs manquements majeurs dans la procédure togolaise. Il dénonce d’abord l’opacité des faits, soulignant que le communiqué officiel ne précise ni la période des infractions alléguées, ni depuis quand le Togo connaissait le dossier de Damiba, pourtant ancien bénéficiaire d’asile.

Il pointe ensuite l’ignorance du contexte politique, en questionnant la posture togolaise face aux accusations publiques de tentative de coup d’État portées par le Burkina et au statut particulier de Damiba, qui exige des garanties procédurales renforcées.

Enfin, il dénonce un déficit de contrôle juridictionnel, accusant la justice togolaise de ne pas avoir exercé une vigilance accrue pour vérifier que les accusations de droit commun, telles que corruption ou blanchiment, ne servaient pas de couverture à une instrumentalisation politique de la justice.

La conclusion de l’ex-ministre est sans appel. Selon lui, « l’attitude du gouvernement togolais ne relève pas seulement de la légèreté juridique ». Elle expose Damiba à des menaces sérieuses et révèle un phénomène fréquent dans les transitions africaines : la judiciarisation des conflits politiques comme arme de représailles.

Cette prise de position d’un juriste de haut rang régional met en exergue les enjeux juridico-politiques de l’affaire, place le Togo en position de défense et remet en question l’indépendance de sa justice face aux pressions diplomatiques dans la sous-région ouest-africaine.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires