dimanche 25 janvier 2026

Afrique du Sud : une partie de l’héritage de Nelson Mandela sur le point d’être vendue ?

La question de la vente d’une partie de l’héritage de Nelson Mandela continue de susciter de vifs débats en Afrique du Sud. Vendredi 23 janvier, la Cour suprême sud-africaine a rejeté la requête de l’Agence sud-africaine des ressources patrimoniales (SAHRA), qui cherchait à bloquer l’exportation et la vente d’objets ayant appartenu à l’ancien président.

Au cœur de cette affaire figurent près de 70 objets à forte valeur historique et symbolique. Parmi eux, la clef de la cellule de Robben Island où Nelson Mandela passa dix-huit années de détention, un exemplaire signé de la Constitution sud-africaine de 1996, des dessins, des documents d’identité, ainsi que plusieurs cadeaux offerts par des chefs d’État étrangers, dont l’ancien président américain Barack Obama. Ces biens appartiennent à Makaziwe Mandela, fille de l’ancien chef de l’État, ainsi qu’à Christo Brand, ancien gardien de prison à Robben Island.

Ces objets devaient être mis aux enchères aux États-Unis en 2021. La vente avait alors été suspendue à la suite d’une intervention de la SAHRA. L’agence estimait que ces pièces relevaient du patrimoine national sud-africain et qu’elles devaient rester sur le territoire. Selon l’institution, leur sortie du pays représentait une atteinte à la mémoire collective et à l’héritage historique de Nelson Mandela.

La Cour suprême n’a toutefois pas suivi cet argumentaire. Dans leur décision, les juges ont considéré que la SAHRA n’avait pas apporté d’éléments suffisamment solides pour justifier le classement de ces objets comme biens patrimoniaux protégés par la loi. En l’absence de fondement juridique clair, la demande de blocage a donc été rejetée.

Cette décision judiciaire est un revers important pour les défenseurs d’une conservation intégrale de l’héritage de Mandela sur le sol sud-africain. Elle soulève également des interrogations sur le cadre légal qui entoure la protection des objets historiques liés aux grandes figures nationales.

Makaziwe Mandela a, pour sa part, salué le verdict de la Cour suprême. Elle a rappelé son engagement constant en faveur de la préservation de l’héritage de son père. Selon elle, le projet de vente ne visait pas un enrichissement personnel, mais le financement d’un jardin commémoratif situé à Qunu, dans la région du Cap-Oriental, où repose Nelson Mandela.

Pour l’heure, la vente reste suspendue. Cette pause laisse place à un débat au sein de la société sud-africaine, partagée entre la volonté de protéger un patrimoine jugé sacré et le droit des héritiers à disposer des biens familiaux. La figure de Nelson Mandela, symbole universel de la lutte contre l’apartheid, continue ainsi de cristalliser des enjeux mémoriels, juridiques et politiques, bien au-delà de sa disparition.

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