Le rapport Global Firepower 2026 vient rebattre les cartes au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Longtemps considérée comme la principale puissance militaire de la zone, la Côte d’Ivoire cède désormais sa place au Mali, qui s’impose en tête du classement régional selon l’indice Power Index.
À l’échelle mondiale, les États-Unis, la Russie et la Chine conservent leur domination. Sur le continent africain, l’Égypte, l’Algérie et le Nigéria occupent toujours les premières positions. Mais dans l’espace UEMOA, l’évolution des dynamiques sécuritaires modifie profondément la hiérarchie militaire. Le Mali affiche un indice Power Index de 2,2598, contre 2,3884 pour la Côte d’Ivoire. Selon la méthodologie de Global Firepower, un indice plus faible indique une armée plus performante.
Cette progression du Mali trouve son origine dans les choix stratégiques opérés depuis l’arrivée au pouvoir du président Assimi Goïta. Le pays, confronté depuis plusieurs années à une menace terroriste persistante, a orienté une part importante de ses ressources vers le renforcement de ses capacités militaires. Les acquisitions d’équipements, l’augmentation des effectifs et l’intensification des opérations sur le terrain ont contribué à renforcer la posture défensive et offensive des Forces armées maliennes.
Dans ce classement, le Mali se situe derrière le Nigéria, considéré comme le géant militaire de l’Afrique de l’Ouest, avec un indice de 0,6097. Toutefois, au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), Bamako s’affirme comme la première puissance militaire. Le Niger occupe la deuxième place avec un indice de 2,6867, tandis que le Burkina Faso arrive en troisième position avec 2,9213.
Cette montée en puissance des pays de l’AES traduit un renforcement notable de leurs capacités opérationnelles. Leurs armées disposent d’une expérience du combat acquise sur le terrain face aux groupes armés actifs dans la région. Cette réalité distingue nettement ces États de plusieurs autres membres de l’UEMOA, moins exposés à la pression sécuritaire directe.
La Côte d’Ivoire, désormais deuxième puissance militaire de l’espace UEMOA, s’inscrit dans une dynamique différente. Le pays privilégie une approche davantage orientée vers la stabilité économique et le développement, même si la question sécuritaire demeure une priorité nationale. Les analystes estiment que ces trajectoires distinctes expliquent les écarts observés dans le classement.
À terme, cette nouvelle hiérarchie militaire pourrait influencer les rapports de force régionaux. Les pays de l’AES, situés plus au nord, continuent d’assumer un rôle de rempart sécuritaire pour l’Afrique de l’Ouest.
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