Le Mali va désormais bénéficier du droit d’usage du port de Conakry, de l’octroi d’espaces portuaires dédiés ainsi que de facilités spécifiques pour le traitement de ses marchandises. L’annonce a été faite le 28 janvier à l’issue du Conseil des ministres, lors de l’examen d’un projet de décret relatif à la coopération entre le Mali et la République de Guinée dans les domaines du transport et du transit.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des accords de coopération conclus entre Bamako et Conakry, portant à la fois sur le transit maritime et le transit routier. L’objectif affiché consiste à améliorer les conditions d’acheminement des flux commerciaux maliens et à garantir un accès plus sécurisé aux infrastructures portuaires régionales. Pour le Mali, pays enclavé, le port de Conakry représente un débouché stratégique essentiel pour ses importations et ses exportations.
La mise en œuvre de ces accords a déjà connu une première traduction concrète sur le terrain. Les autorités guinéennes ont mis à la disposition du Mali un terrain d’une surface de 20 hectares dans la ville de Kankan. Ce site est destiné à accueillir les Entrepôts maliens en Guinée, une infrastructure logistique appelée à jouer un rôle clé dans le stockage et le transit des marchandises empruntant le corridor guinéen. Cette implantation vise à fluidifier les échanges commerciaux et à réduire les délais liés aux opérations de transit.
En retour, les autorités maliennes ont décidé de céder gratuitement à la République de Guinée une parcelle de 10 hectares située à Tomodo-Koumacra, dans la commune rurale de Benkadi, au sud-ouest du Mali. Ce terrain doit permettre l’aménagement d’espaces d’entreposage ainsi que la construction d’infrastructures logistiques et de transport destinées à renforcer les échanges bilatéraux entre les deux pays.
À long terme, un accès élargi au port de Conakry pourrait renforcer la compétitivité du commerce extérieur malien et consolider les liens économiques et stratégiques entre le Mali et la Guinée, dans un contexte régional où la souveraineté et la sécurité des chaînes d’approvisionnement représentent des enjeux majeurs.
