lundi 2 février 2026

Laura Fernandez : qui est la nouvelle présidente du Costa Rica ?

La candidate du parti conservateur au pouvoir, Laura Fernandez, a été élue dimanche présidente du Costa Rica en remportant largement l’élection grâce à sa promesse de fermeté contre le narcotrafic, dans ce pays longtemps considéré comme l’un des plus sûrs d’Amérique centrale.

Adhérente au modèle sécuritaire du président salvadorien Nayib Bukele, la politologue de droite Laura Fernandez a remporté dimanche la présidence et a assuré que la lutte contre la criminalité constituera sa priorité.

Âgée de 39 ans, elle est l’héritière politique du président sortant Rodrigo Chaves, lui aussi admirateur de Bukele. Elle a dirigé deux ministères au sein du gouvernement de son mentor depuis 2022.

Laura Fernandez a obtenu 48,3 % des voix, soit huit points au-dessus du seuil nécessaire pour gagner dès le premier tour, selon 94 % du dépouillement du Tribunal suprême des élections (TSE).

Pour endiguer la violence liée au narcotrafic, la présidente élue promet d’achever la construction d’une prison de haute sécurité inspirée du Centre de confinement du terrorisme (Cecot) de Bukele, d’alourdir certaines peines et de suspendre certains droits dans les zones les plus touchées par le crime, à l’image du Salvador sous régime d’exception.

« Vous pouvez être sûr que la sécurité restera l’une des principales priorités », a-t-elle affirmé au président salvadorien dans une vidéo diffusée pendant la campagne. Chaves l’a immédiatement félicitée par téléphone dimanche soir, dès les premiers résultats.

Lors de son discours de victoire, Laura Fernandez a déclaré que « personne » ne voulait « de l’arbitraire et de l’autoritarisme » au Costa Rica. « En tant que nouvelle présidente, jamais je ne le permettrai », a-t-elle assuré sous les vivats de ses partisans, dans un hôtel de la capitale. Elle s’est présentée comme « démocrate convaincue » et « défenseure de la liberté », tout en critiquant la presse, comme le fait son mentor.

Ses opposants l’accusent d’opportunisme et estiment qu’elle ne fait qu’appliquer le modèle Bukele, populaire en Amérique latine mais dénoncé pour ses détentions arbitraires et ses abus.

Laura Fernandez espère obtenir une majorité parlementaire afin de réformer le pouvoir judiciaire, jugé responsable par Chaves de la hausse de la criminalité liée au trafic de drogue.

« Une pâle copie »

Née à Puntarenas, port du Pacifique affecté par le narcotrafic, Laura Fernandez adopte le style frontal et sarcastique de Chaves.

Cette spécialiste des politiques publiques a déclaré qu’elle ne voulait « pas se battre avec les cochons » pour éviter de finir couverte de boue. « Son ton est grossier et populiste, une pâle copie du président », a moqué Laura Chinchilla, première femme présidente du Costa Rica élue dès le premier tour en 2010.

Laura Fernandez sera la deuxième femme à gouverner le Costa Rica. Ses adversaires craignent qu’elle reste sous l’influence de son mentor et tente de modifier la Constitution pour permettre à Chaves de se représenter, ce qui est actuellement interdit.

Fille d’un agriculteur et d’une enseignante, elle raconte avoir grandi au milieu des vaches et des oies et aidé à emballer des clous dans la quincaillerie familiale.

Amatrice de pêche, de cuisine et de course à pied, elle se définit comme « libérale économiquement et conservatrice socialement ». Son programme prévoit la vente d’actifs publics.

Catholique, formée dans un collège de religieuses, elle s’est remariée et a une petite fille de trois ans. « Si vous êtes favorable à l’avortement, à l’euthanasie et que vous pensez que la famille n’est pas importante, passez votre chemin », a-t-elle déclaré.

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