Au Sénégal, la convocation de Doudou Wade par la police ce lundi 2 février 2026, a ravivé le débat sur la liberté d’expression et ses limites dans l’espace public. Figure influente du Parti démocratique sénégalais (PDS) et ancien président de groupe parlementaire, l’homme politique a été entendu à la suite de déclarations tenues lors d’une émission télévisée diffusée le mercredi 28 janvier.
Lors de cette intervention, Doudou Wade a évoqué des épisodes de l’histoire politique au cours desquels certaines républiques auraient, selon lui, été « sauvées » par des coups d’État ou par l’intervention de l’armée. Ces propos ont rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, entre indignation et appels à une lecture strictement analytique et historique de ses déclarations.
Face à cette situation, quatorze anciens présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée nationale ont publié une déclaration commune pour exprimer leur soutien à Doudou Wade. Ils disent suivre avec une « vive préoccupation » les suites judiciaires susceptibles d’être engagées non seulement contre l’ancien député, mais aussi contre le journaliste Pape Ngagne Ndiaye, animateur de l’émission concernée.
Pour ces anciens responsables parlementaires, les propos incriminés relèvent du débat d’idées et de l’analyse politique. Ils rappellent que la liberté d’expression, le droit à la critique et la confrontation des opinions constituent des piliers de l’État de droit sénégalais, protégés par la Constitution. Selon eux, toute tentative de poursuite judiciaire dans ce contexte ferait peser un risque sérieux sur la vitalité du débat démocratique.
Les signataires de la déclaration mettent en garde contre ce qu’ils qualifient de « judiciarisation de la parole critique ». Ils estiment qu’une criminalisation des opinions dissidentes ou des analyses politiques pourrait affaiblir durablement l’espace démocratique et restreindre la liberté des journalistes comme celle des responsables politiques.
Doudou Wade se trouve auditionné depuis lundi matin au commissariat central de Dakar, en présence de ses avocats. De son côté, Pape Ngagne Ndiaye avait quitté les locaux de la police vendredi 30 janvier, après onze heures d’audition, sans être inquiété à ce stade.
