Au Burkina Faso, l’interpellation de Sosthène Yaméogo alimente les interrogations sur l’état des libertés sous la transition militaire. L’universitaire, ancien maître de conférences à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou et spécialiste de la musique, a été arrêté à son domicile le samedi 31 janvier.
Les conditions de cette interpellation restent floues. L’opération a eu lieu à l’aube dans le quartier résidentiel Ouaga 2000, et aucune communication officielle n’a pour l’instant précisé les motifs de cette arrestation ni la localisation de l’universitaire.
Sosthène Yaméogo, reconnu pour ses travaux académiques, n’était pas engagé dans la sphère politique militante. Toutefois, plusieurs semaines avant son arrestation, il avait publié sur les réseaux sociaux des critiques à l’égard des autorités militaires en place.
Depuis la prise de contrôle du pays par la junte, le climat politique reste tendu. Des voix issues de la société civile s’inquiètent d’un possible rétrécissement de l’espace d’expression publique. Les autorités, pour leur part, soulignent la nécessité de garantir la stabilité nationale dans un contexte marqué par l’insécurité.
Cette affaire survient à un moment sensible pour la transition burkinabè et pose la question de la place des intellectuels dans le débat public ainsi que de la protection des libertés individuelles. La suite de cette situation pourrait peser sur les discussions autour de la gouvernance et de l’équilibre institutionnel dans le pays.
