Le numérique entre dans une nouvelle ère de contrôle en France. Le président Emmanuel Macron a défendu le jeudi 5 février 2026, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mesure phare de la fin de son mandat, tout en dévoilant plusieurs pistes de régulation des jeux vidéo, de l’intelligence artificielle, des algorithmes et des manipulations de l’information.
Deux jours après avoir invité les utilisateurs du média Brut à l’interroger sur la lutte contre la désinformation, le chef de l’État a répondu à une série de questions dans un long entretien. Il a justifié ces orientations par la nécessité de protéger les adolescents face aux effets des écrans, qu’il associe à des situations de souffrance psychologique et de fragilité mentale.
Si le texte adopté par l’Assemblée nationale reçoit une validation définitive en septembre, l’accès aux réseaux sociaux deviendra interdit aux moins de 15 ans. Le dispositif reposera sur un système de vérification de l’âge. Emmanuel Macron a assuré que ce mécanisme ne prévoira aucune conservation de données personnelles et garantira le respect de l’anonymat.
Le président a également précisé que les réseaux privés virtuels (VPN) resteront autorisés. Il a promis l’absence de surveillance des contenus et des usages individuels sur les plateformes. « Il n’y aura pas un policier derrière chaque écran », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant l’existence probable de contournements.
Sur le volet des jeux vidéo, Emmanuel Macron a indiqué avoir saisi des experts pour une évaluation scientifique attendue entre mai et juin. En cas de consensus sur des effets nocifs avérés pour la santé mentale des jeunes, certaines interdictions pourraient être envisagées, notamment pour les usages intensifs.
Concernant l’intelligence artificielle, deux professeurs spécialisés en psychiatrie et en addictologie analyseront l’impact des agents conversationnels sur les adolescents, avec la perspective de nouvelles règles, voire d’interdictions ciblées.
Sur le plan européen, le chef de l’État a appelé à une régulation plus ferme de l’espace numérique. Il souhaite imposer un marquage obligatoire des contenus produits par l’IA, une transparence des algorithmes et l’identification réelle des comptes afin d’éliminer faux profils, bots et réseaux de désinformation.
Les plateformes qui diffusent des contenus illicites devront répondre devant la justice nationale. Emmanuel Macron a aussi alerté sur les risques d’ingérence étrangère à travers l’usage massif de faux comptes lors des périodes électorales.
Enfin, il a annoncé un renforcement du service Viginum, chargé de la lutte contre les déstabilisations numériques, à l’approche des élections municipales de mars, ainsi que la publication imminente d’une stratégie nationale contre les manipulations de l’information.
