vendredi 6 février 2026

Mali : un journaliste critique de Tiani déposé en prison 

La liberté de la presse subit un nouveau coup au Mali. Le journaliste Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, se trouve en détention depuis le jeudi 5 février 2026, à la suite de la parution d’un article d’analyse jugé sensible par les autorités.

Le texte incriminé, publié dans l’édition du lundi 2 février 2026, porte le titre : « Le général Tiani sous le coup de l’émotion accuse Macron, Ouattara et Talon ». L’article, signé par l’analyste politique Sambou Sissoko, examine de façon critique les accusations formulées par le président nigérien Abdourahamane Tiani contre Emmanuel Macron, Alassane Ouattara et Patrice Talon, après l’attaque de l’aéroport de Niamey.

Bien que Youssouf Sissoko ne soit pas l’auteur du texte, la justice malienne l’a tenu pour responsable en sa qualité de directeur de publication. En l’absence de Sambou Sissoko, actuellement en exil, les poursuites ont visé le responsable du journal. Placé sous mandat de dépôt, il fait l’objet de plusieurs chefs d’accusation, notamment « offense à un chef d’État étranger », « atteinte au crédit de l’État » et « diffusion de fausses informations ».

Selon des sources judiciaires, Youssouf Sissoko comparaîtra devant le tribunal le 9 mars 2026, date fixée pour l’ouverture de son procès.

Dans son analyse, Sambou Sissoko remet en cause la crédibilité des accusations portées par le général Tiani. Il évoque l’hypothèse d’un dysfonctionnement grave des services de renseignement ou celle d’une stratégie de communication politique délibérée. L’auteur, connu pour ses critiques ouvertes à l’égard des régimes militaires de l’AES, s’inscrit dans une ligne éditoriale régulièrement opposée aux autorités de la région.

Pour information, le Mali et le Niger appartiennent tous deux à l’Alliance des États du Sahel (AES), une organisation régionale fondée sur des alliances sécuritaires et stratégiques. Ainsi, toute remise en cause publique des positions officielles d’un État membre se heurte à une forte vigilance institutionnelle.

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