Le révérend pasteur Ntumi ne sera pas candidat à l’élection présidentielle du 15 mars 2026 au Congo-Brazzaville. L’annonce a été faite ce jeudi 6 février par son parti, le Conseil national des républicains (CNR), au lendemain de la déclaration officielle de candidature du président sortant Denis Sassou-Nguesso.
Dans un communiqué, le CNR justifie cette décision par l’absence de conditions favorables à l’organisation d’un scrutin crédible. « Les conditions d’une élection libre, transparente et inclusive ne sont pas réunies », affirme le parti, qui estime que le processus électoral ne garantit ni l’équité, ni la sincérité du vote.
Au-delà des considérations électorales, le Conseil national des républicains invoque également des raisons sécuritaires. Le parti dénonce des violences attribuées aux forces de l’ordre, survenues le mois dernier dans le département du Pool, fief historique du pasteur Ntumi. Selon le CNR, ces événements ont contribué à renforcer la décision de l’opposant de ne pas se porter candidat.
Le parti affirme que ce renoncement s’inscrit dans une logique de préservation de la paix et de la stabilité nationale. « Il s’agit d’un choix responsable visant à éviter toute escalade des tensions », souligne la formation politique, qui présente la décision du pasteur Ntumi comme un acte politique réfléchi, et non comme un retrait contraint.
Une figure politique singulière
De son vrai nom Frédéric Bintsamou, le pasteur Ntumi reste une figure centrale de la vie politique congolaise. Ancien chef rebelle, il a longtemps incarné une opposition armée au pouvoir de Brazzaville avant de s’inscrire dans un processus de normalisation politique. Son parcours, entre conflit, négociation et engagement politique, lui confère une place particulière dans le paysage national.
Son absence de la course présidentielle modifie les équilibres de l’opposition à quelques semaines du scrutin. Elle intervient dans un contexte déjà marqué par la candidature de Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis plusieurs décennies, et par les critiques récurrentes sur les conditions d’organisation des élections au Congo-Brazzaville.
À l’approche du 15 mars 2026, le climat politique demeure tendu. Les oppositions dénoncent un processus électoral verrouillé, tandis que le pouvoir assure, de son côté, de la régularité du scrutin à venir.
En renonçant à la présidentielle, le leader du CNR fait le choix de la non-confrontation électorale directe, mais son parti n’exclut pas une prise de position politique dans le débat national. En effet, le Conseil national des républicains annonce vouloir poursuivre son combat par d’autres moyens.
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