dimanche 8 février 2026

France : à Limoges, le congé menstruel expérimental détourné par des étudiants

En France, l’expérimentation du congé menstruel à l’université de Limoges suscite une vive polémique après des abus constatés au sein d’une école d’ingénieurs. Une cinquantaine d’étudiants de sexe masculin ont profité du dispositif pour s’absenter de cours obligatoires, parfois même pour partir en vacances, selon des informations révélées début février 2026.

Mis en place en décembre 2025, le congé menstruel expérimental a pour but de permettre aux « personnes menstruées » de s’absenter en cas de règles douloureuses, sans certificat médical, pour une durée maximale de dix jours. Dans une logique de non-discrimination, l’établissement avait choisi d’ouvrir ce dispositif à tous les étudiants, sans distinction de genre, et sans exiger de justificatif d’identité ou médical. L’objectif affiché est de garantir l’égalité d’accès et éviter toute stigmatisation.

Cette ouverture a toutefois créé une faille. Une cinquantaine d’étudiants inscrits dans un cursus d’ingénierie ont utilisé ce congé pour justifier des absences comptabilisées dans leur moyenne annuelle, totalisant près d’une centaine de jours d’absence cumulés. Certains auraient même quitté la ville durant cette période. Alertée, la direction de l’établissement a rapidement réagi en adressant un courrier électronique aux étudiants concernés.

Dans ce message, l’université a rappelé le cadre du dispositif. « Il s’agit bien d’un congé menstruel et non mensuel », a précisé la direction. Elle a averti que tout usage frauduleux serait sanctionné, notamment dans le cadre de la validation de l’année universitaire et de l’obtention du diplôme.

L’affaire a provoqué une vague de réactions au sein de la communauté universitaire et au-delà. Étudiants, enseignants et responsables pédagogiques ont exprimé leur indignation face à ce détournement, perçu comme une instrumentalisation d’un dispositif à vocation sociale et sanitaire. L’ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a également réagi publiquement sur les réseaux sociaux.

Malgré cet incident, le congé menstruel continue de se développer dans plusieurs établissements français. Des universités comme Angers, Bordeaux, Montpellier ou encore l’université de Bretagne occidentale ont mis en place des dispositifs similaires, certains allant jusqu’à autoriser vingt jours d’absence.

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