mardi 10 février 2026

Mali : l’ex-Premier ministre Moussa Mara condamné à deux ans de prison

La justice malienne a confirmé, ce lundi 9 février 2026 à Bamako, la condamnation de l’ancien Premier ministre Moussa Mara à deux ans de prison, dont un an ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA. La cour d’appel a reconnu l’ex-chef du gouvernement coupable « d’atteinte au crédit de l’État et d’opposition à l’autorité légitime », à la suite de prises de position publiques sur les réseaux sociaux en faveur de ce qu’il qualifiait de « détenus d’opinion ».

Premier ministre du Mali entre 2014 et 2015, Moussa Mara avait été arrêté le 1er août 2025, après avoir déclaré publiquement avoir rendu visite à plusieurs prisonniers incarcérés pour des motifs politiques. Dans ses publications, il affirmait leur avoir promis qu’« un jour, ils obtiendraient justice », des propos considérés par les autorités judiciaires comme une remise en cause directe de l’ordre institutionnel en place.

La décision de la cour d’appel vient ainsi confirmer la condamnation prononcée en première instance le 27 octobre 2025 par le Pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité. Une juridiction devenue centrale dans le traitement des affaires impliquant des acteurs politiques, des journalistes et des voix critiques du régime de transition.

La défense de Moussa Mara a immédiatement annoncé sa volonté de poursuivre la procédure judiciaire. « Nous n’allons pas baisser les bras. Nous allons nous concerter et nous pourvoir en cassation », a déclaré son avocat, Mountaga Tall.

La condamnation a également suscité de vives réactions au sein de la société civile et des organisations internationales. Dans un communiqué publié le même jour, Amnesty International s’est dite « profondément préoccupée par le maintien de ces accusations fallacieuses et motivées par des considérations politiques ». L’ONG appelle les autorités maliennes à « annuler cette condamnation sans fondement » et à « libérer immédiatement Moussa Mara ».

Pour information, depuis les coups d’État militaires de 2020 et 2021, le Mali est dirigé par une junte qui a progressivement durci son contrôle sur la vie politique, les médias et l’espace public. Partis politiques dissous, organisations à caractère politique interdites, restrictions sur la presse et répression des voix dissidentes dessinent un paysage institutionnel de plus en plus verrouillé.

À cette crise politique s’ajoute une situation sécuritaire et économique dégradée, marquée depuis 2012 par les violences de groupes armés affiliés à Al-Qaïda, à l’État islamique et à des milices communautaires, ainsi que par une instabilité économique persistante.

Dirigé par le général Assimi Goïta, le régime militaire avait promis un retour à l’ordre constitutionnel en mars 2024, promesse non tenue. En juillet 2025, un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable sans élection lui a été accordé.

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