Le président de la République du Bénin, Patrice Talon, a signé un décret officialisant la création de la Commission chargée de la toponymie et de la mémoire nationale. Cette instance a pour vocation de structurer la mémoire collective et de réexaminer les références symboliques qui façonnent l’espace public béninois.
La commission reçoit pour mission d’étudier, de réviser et d’harmoniser les noms de lieux, d’espaces publics, de rues et d’infrastructures. L’objectif consiste à assurer une cohérence avec les valeurs historiques, culturelles et identitaires du pays. À travers ce dispositif, l’État souhaite rééquilibrer le récit national et renforcer la visibilité des figures, événements et repères historiques souvent négligés dans la toponymie héritée des périodes coloniale et postcoloniale.
Pascal Irénée Koupaki a été nommé président de la commission. Il sera assisté par Florent Couao-Zotti, premier rapporteur, et Ghislain Hounnou, second rapporteur. Plusieurs autres personnalités issues de différents secteurs professionnels rejoignent le groupe. Ces membres représentent des institutions publiques et apportent des expertises liées à la mémoire collective, au patrimoine et à l’identité nationale.
La commission adopte une approche pluridisciplinaire. Des spécialistes en sciences humaines, linguistique, histoire, géographie et études culturelles contribuent à garantir une analyse complète des enjeux toponymiques. Quatre personnes ressources accompagnent également les travaux du groupe sur le plan technique et scientifique. Le mandat des membres est fixé à trois ans, à compter de l’installation officielle.
Au-delà de la simple dénomination des lieux, la commission jouera un rôle stratégique dans la construction d’une politique mémorielle cohérente. Elle devra soutenir des initiatives de valorisation patrimoniale, de sensibilisation citoyenne et d’aménagement toponymique, tout en contribuant à la transmission de l’histoire nationale aux jeunes générations.
Par cette démarche, le gouvernement affirme sa volonté d’inscrire la mémoire, l’identité et l’histoire du Bénin au centre de l’espace public. La toponymie devient ainsi un outil de consolidation du récit national et de valorisation symbolique de l’histoire du pays.
